A Musanze, au Rwanda, un travailleur de santé communautaire examine un enfant suspecté d’être atteint de paludismeen 2019. Vincent Becker/Fonds mondial

Le continent est le plus fragile et le plus aidé, notamment dans la lutte contre le paludisme et le sida. Huit séropositifs pris en charge sur dix sont africains.

En finir avec les trois pandémies les plus meurtrières de la planète… Ou à tout le moins sauver plusieurs dizaines de millions de vies. Mercredi 9 et jeudi 10 octobre, Lyon devient la capitale mondiale de la santé à l’occasion de la sixième reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Chefs d’Etats, représentants de la société civile, chefs d’entreprise et dirigeants de la santé mondiale convergent de toute la planète vers la capitale des Gaules, où doivent seconcrétiser les promesses de dons faites pour les trois années à venir.

Cette conférence, à laquelle assiste Emmanuel Macron, a pour ambition de récolter au moins 14 milliards de dollars (12,75 millions d’euros) pour sauver 16 millions de vies et prévenir 234 millions d’infections. Ces chiffres sont une projection sur les trois années à venir des résultats que le Fonds mondial estime avoir déjà obtenus entre 2016 et 2019 avec les 14 milliards de dollars qu’il avait récoltés. Tour d’horizon en huit points de ce que le Fonds mondial a permis en Afrique, le continent à la fois le plus fragile et le plus aidé.

  • Les trois quarts du Fonds mondial vont à l’Afrique

75 % des fonds décaissés entre 2017 et 2019 ont été affectés à l’Afrique. La zone subsaharienne en a reçu 72 % et le Maghreb, élargi au Moyen-Orient, 3 %.

  • Ethiopie, Nigeria et Tanzanie, le trio le mieux doté
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Ces trois géants du continent ont à eux seuls bénéficié de 7 milliards de dollars sur les 28 milliards de dollars octroyés par le Fonds depuis 2002. L’Ethiopie arrive en tête des pays les mieux servis avec un total de 2,3 milliards de dollars.

  • Des investissements d’avenir

En travaillant à la prévention des trois maladies les plus meurtrières de la planète, le Fonds mondial veut aussi aider les pays africains à structurer leur système de santé. En République démocratique du Congo (RDC) par exemple, chaque fois que le Fonds mondial octroie 100 dollars au pays, 63 vont à l’amélioration du système de santé « pour mettre en place des systèmes résistants et pérennes », précise l’organisation sur son site Internet. Cette manne va en priorité aux ressources humaines, à la mise en place de systèmes d’information et à l’élaboration de chaînes d’approvisionnement des hôpitaux et centres de soins. Le renforcement de ces structures sera à l’ordre du jour de la conférence de Lyon. Pour la France, c’est une priorité.

  • L’Afrique est un continent qui participe aux dons

Depuis les débuts du Fonds mondial, en 2000, les pays africains abondent eux aussi cette cagnotte, parfois avec de l’argent privé. Ainsi, le Nigeria a contribué pour 28 millions de dollars depuis 2000, le Kenya à hauteur de 7 millions de dollars. Les pays les plus pauvres participent aussi à l’effort, tels le Burkina Faso (75 000 dollars entre 2000 et 2005) ou le Cameroun (25 000).

  • Huit séropositifs pris en charge sur dix sont en Afrique

85 % des malades du VIH de la planète pris en charge par le Fonds mondial vivent sur le continent. Le Fonds s’occupe de 18,9 millions de personnes porteuses de ce rétrovirus dans le monde, dont 16,1 millions en Afrique.

  • Les moustiques sont en Afrique
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117 des 131 millions de kits anti-moustiques distribués sur la planète grâce à de l’argent du Fonds mondial le sont dans les pays africains. C’est là que le paludisme fait le plus de victimes, mais c’est aussi là que les choses bougent. Depuis 2000, le taux de mortalité par le paludisme a chuté de 60 % sur le continent, plus particulièrement chez les enfants de moins de 5 ans.

  • L’Afrique n’est pas le continent le plus touché par la tuberculose

La tuberculose reste la principale cause de mortalité par maladie infectieuse de la planète avec 1,3 million de décès annuels. Si rien ne change, 2,6 millions de personnes mourront d’ici à 2050. L’Afrique n’est pas la plus touchée puisque seuls 23 % des cas mondiaux pris en charge par le Fonds sont sur le continent.

  • Une réussite, le Rwanda…

En quinze ans ce pays a fait bondir l’espérance de vie de sa population de plus de vingt ans. Son système de couverture universelle, associé à un maillage important de centres de soins est l’une des clés de ce succès. Le Fonds n’y est pas étranger puisqu’il a fourni, depuis ses débuts, 1,4 milliard de dollars à Kigali. Autrement dit, il verse plus de la moitié des 307 millions de dollars consacrés chaque année par le Rwanda à sa couverture universelle.

Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-exaucée

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