L’Egypte et l’Ethiopie en désaccord avec la reprise des discussions sur le barrage du Nil Bleu

Nil

L’Egypte a déclaré que l’Ethiopie avait « rejeté sommairement » son plan concernant les principaux aspects de l’exploitation d’un barrage géant construit par le pays d’Afrique de l’Est sur le Nil, tout en rejetant sa proposition comme « injuste et inéquitable ».

Les commentaires dans une note distribuée aux diplomates la semaine dernière montrent l’écart entre les deux pays sur un projet considéré comme une menace existentielle par l’Égypte, qui tire environ 90% de son eau douce du Nil.

La note distribuée par le ministère égyptien des Affaires étrangères, dont copie a été vue par Reuters, met en évidence des différences essentielles en ce qui concerne le débit d’eau annuel devant être garanti à l’Égypte et la manière de gérer les flux en période de sécheresse.

Cela survient alors que l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan se sont rencontrés dimanche et lundi pour leurs premières discussions sur le barrage hydroélectrique en plus d’un an. [nL3N26607J] Un porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Nebiat Getachew, a déclaré lundi que la réunion n’avait jusqu’à présent abouti à aucun accord ni désaccord et qu’elle n’avait donné aucune réponse immédiate aux revendications égyptiennes.

Les responsables égyptiens n’étaient pas immédiatement disponibles pour commenter, mais le ministre des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, a exprimé son malaise ces derniers jours à cause des retards dans les négociations.

Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), d’une valeur de 4 milliards de dollars, a été annoncé en 2011 et devrait être l’élément central de la candidature de l’Éthiopie pour devenir le plus grand exportateur d’électricité d’Afrique, générant plus de 6 000 mégawatts.

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En janvier, le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a déclaré qu’après les retards de construction, le barrage devrait commencer à produire d’ici la fin de 2020 et être pleinement opérationnel d’ici 2022.

Le barrage promet des avantages économiques pour l’Éthiopie et le Soudan, mais l’Égypte craint de restreindre les ressources déjà épuisées du Nil, qu’il utilise pour l’eau potable, l’agriculture et l’industrie.

IMPASSE

Bien que la rhétorique nationaliste et parfois belliqueuse entre l’Égypte et l’Éthiopie ait refroidi ces dernières années, les parties sont restées dans l’impasse.

Un rapport de l’International Crisis Group plus tôt cette année avait averti que l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan pourraient «sombrer dans une crise s’ils ne concluent pas un marché avant que le GERD ne commence à fonctionner».

L’Égypte a déclaré qu’elle avait partagé sa proposition de remplir et d’exploiter le barrage avec l’Éthiopie et le Soudan les 31 juillet et 1er août, invitant les deux pays à une réunion des ministres des Affaires étrangères et de l’Eau.

«Malheureusement, dans une lettre datée du 12 août 2019, l’Éthiopie a rejeté de manière sommaire la proposition de l’Égypte et a refusé d’assister à la réunion des six parties», indique la note du gouvernement égyptien.

L’Éthiopie a plutôt proposé d’organiser une réunion des ministres de l’eau pour examiner un document contenant une proposition éthiopienne de 2018, at-il ajouté.

Les deux propositions conviennent que la première des cinq phases de remplissage du barrage devrait durer deux ans, à la fin desquels le réservoir du GERD en Ethiopie serait rempli à 595 mètres et que toutes les turbines hydroélectriques du barrage deviendraient opérationnelles.

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Mais la proposition égyptienne précise que si cette première phase coïncide avec une sécheresse extrême sur le Nil Bleu en Éthiopie, similaire à celle de 1979-1980, la période de deux ans devrait être prolongée pour empêcher le niveau d’eau du barrage du Haut Assouan, en Égypte. en dessous de 165 mètres.

Sans une telle concession, l’Egypte a déclaré qu’elle risquerait de perdre plus d’un million d’emplois et une production économique de 1,8 milliard de dollars par an, ainsi que de l’électricité évaluée à 300 millions de dollars.

Après la première étape de remplissage, la proposition égyptienne exige un rejet annuel minimum de 40 milliards de mètres cubes d’eau provenant du DIRD, tandis que l’Éthiopie suggère 35 milliards de m3, selon le document égyptien.

La note cite l’Ethiopie qui a déclaré le mois dernier que la proposition de l’Égypte «met le barrage dans une condition impossible», une accusation rejetée par l’Égypte.

«La proposition éthiopienne […] favorise majoritairement l’Éthiopie et est extrêmement préjudiciable aux intérêts des États en aval», indique le rapport.

Source: Reuters Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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