Blaise Ahouantchédé : «La sécurité ne se négocie pas chez nous»

Les banques de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine sont depuis ces dernières années ciblées par les cybercriminels. Blaise Ahouantchédé, directeur général du Groupement interbancaire monétique de cette sous-région revient sur les impératifs de préserver les quelque 130 banques que compte son réseau des «cyber-attaques pures» e plus généralement de la cybermenace.

La Tribune Afrique : Quel est le rôle du GIM-UEMOA auprès des banques pour améliorer la sécurité et aussi face au développement de la cybercriminalité ?

Blaise Ahouantchédé : Le GIM-UEMOA compte à ce jour 130 banques et institutions financières et plus 9 000 points de services interconnectés, plus de 5 millions de cartes bancaires tous réseaux confondus qui circulent dans la zone UEMOA, ainsi que plusieurs centaines de milliards de Fcfa de flux traités annuellement sur la plateforme régionale.

Notre activité tourne essentiellement autour de l’interopérabilité et la compensation des opérations à l’échelle de l’UEMOA. Les banques doivent veiller à la protection des données à caractère personnel, à lutter contre le blanchiment d’argent et œuvrer à ce que les transactions financières soient constamment sécurisées. Je voudrais mettre l’accent sur ce dernier point dans la mesure où la confiance et la sécurité constituent l’ADN des banques et celui du GIM.

Sur ce point précisément, comment se concrétise l’intervention du GIM ?

Nous recommandons aux banques de promouvoir des moyens de paiement innovants et sécurisés, de se conformer à un certain nombre de règles de sécurité. Par exemple, nous avons institué une norme de sécurité sur les données liées aux cartes bancaires, appelée « PCI DSS ». Nous avons également la norme 3D SECURE, liée aux transactions en ligne. Le fait que le GIM encourage les banques à prendre en main la question de la sécurité a rendu les fraudes au sein de nos plateformes quasi nulles. Le GIM a aujourd’hui une des plateformes les plus sécurisées, les plus ouvertes et les plus intégrées au monde.

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Comment avez-vous procédé pour faire appliquer ces dispositions ?

Notre première initiative a été de faire en sorte que toutes les normes en matière de lutte contre la fraude soient mises en place au niveau du GIM. Les établissements membres du GIM-UEMOA fournissent les informations nécessaires à l’organisme afin qu’il soit à jour par rapport aux normes de sécurité. Aussi, nous avons mis en place un cadre de suivi de la qualité de service et de sécurité, qui a permis d’identifier un certain nombre d’exigences de sécurité auxquelles les banques doivent se conformer, avec l’appui de la BCEAO. Des pénalités sont appliquées en cas de non-conformité.

Enfin, nous avons une plateforme de formation qui permet de renforcer les capacités des acteurs en la matière. Dans les situations de fraudes, les dispositions prises restent inefficaces en cas de déficit de formation et de sensibilisation des personnes concernées. Jusqu’à présent, nous avons formé près de 8 000 personnes, dont des gendarmes et des policiers. La sécurité ne se négocie pas chez nous, c’est une obligation !

Source: La Tribune Afrique/Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée

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