Au Soudan, les leaders de la contestation n’ont pas d’objection à remettre Omar Al-Bachir à la CPI

omar el bechir

L’ancien chef de l’Etat est accusé de « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité » et « génocide » commis dans le cadre des violences au Darfour.

La principale organisation du mouvement de contestation du Soudan qui a mené à la chute du président Omar Al-Bachir a indiqué dimanche 3 novembre ne pas avoir d’objection à ce qu’il soit remis à la Cour pénale internationale (CPI), qui le jugerait notamment pour génocide. M. Al-Bachir, destitué par l’armée le 11 avril après des mois d’un mouvement de contestation inédit, fait l’objet de deux mandats d’arrêts émis par la CPI pour « crimes de guerre »« crimes contre l’humanité » et « génocide » commis dans le cadre des violences au Darfour.

« Nous n’avons pas d’objection à ce que Al-Bachir soit remis à la CPI », a indiqué à des journalistes Ibrahim Al-Cheikh, un chef de file des Forces pour la liberté et le changement (FFC), fer de lance de la contestation. « Tous les membres des FFC sont d’accord là-dessus », a-t-il ajouté.

Des ONG de défense des droits humains, des militants ainsi que des groupes rebelles, qui ont combattu le régime autoritaire de M. Al-Bachir dans des régions dévastées par les conflits comme le Darfour, ont demandé à de multiples reprises que l’ancien dirigeant soit remis à la CPI. Après sa destitution, les procureurs de la CPI ont eux aussi demandé à ce qu’il soit jugé pour les tueries de masse commises au Darfour.

Plus de 300 000 morts

Mais les militaires, qui avaient pris le pouvoir après sa chute, ont refusé de le remettre à la CPI. Il faut pour cela que les autorités de transition, mises en place en août à la suite d’un accord entre militaires et contestation, ratifient le Statut de Rome – le traité fondateur de la CPI – pour permettre à M. Al-Bachir d’être transféré à La Haye, où siège la cour.

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Le conflit au Darfour a éclaté en 2003 quand des rebelles issus de minorités ethniques ont pris les armes contre le gouvernement de Khartoum à majorité arabe, accusant M. Al-Bachir de marginaliser économiquement et politiquement leurs régions. Il a fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU.

Pour réprimer cette rébellion, Khartoum a recruté parmi des nomades en majorité arabe, formant une milice armée, les janjawids, souvent à cheval ou à chameau. Ces miliciens ont été accusés de mener une politique de la terre brûlée, pillant, incendiant et violant dans les villages soupçonnés de soutenir les rebelles.

M. Al-Bachir, arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d’Etat soutenu par les islamistes, est actuellement emprisonné et jugé à Khartoum, mais uniquement sur des accusations de corruption.

Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne : Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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