Angola : violente répression de manifestants antigouvernementaux

Lors d’une manifestation antigouvernementale le jour de l’Indépendance à Luanda, la capitale angolaise, le 11 novembre.

Motivées par le taux élevé de chômage, le coût de la vie et la corruption étatique, les manifestations se succèdent depuis plusieurs semaines à Luanda.

principal parti d’opposition, demandent également la tenue d’élections locales, reportées à cause de la pandémie due au coronavirus.

Le dernier rassemblement, le 24 octobre, avait été violemment dispersé par la police antiémeute, qui avait arrêté plus de 100 personnes. L’opposition avait appelé à une nouvelle manifestation mercredi, jour de la fête de l’Indépendance, mais elle avait été interdite par les autorités locales qui avaient invoqué les restrictions liées à la pandémie.

Lacrymogène et coups de matraque

Les forces de sécurité ont affronté des dizaines de jeunes qui ont défié l’interdiction, frappant les manifestants en fuite avec des matraques. Une vidéo montrant un manifestant mort a été diffusée sur les réseaux sociaux, mais l’AFP n’a pu confirmer le décès de source indépendante. « L’Angola utilise du gaz lacrymogène pour disperser des manifestants pacifiques », a déploré Zenaida Machado, de l’ONG Human Rights Watch.

Des policiers tentent de disperser un groupe de manifestants à Luanda, la capitale de l’Angola, le 11 novembre.
Des policiers tentent de disperser un groupe de manifestants à Luanda, la capitale de l’Angola, le 11 novembre. OSVALDO SILVA / AFP

Les manifestations étaient plutôt rares lorsque l’actuel président, Joao Lourenço, a succédé à José Eduardo dos Santos, en 2017, faisant renaître l’espoir d’un changement après des décennies de corruption et de népotisme. Mais le désenchantement a enflé ces derniers mois contre le gouvernement, jugé incapable de tenir ses promesses de se débarrasser de la corruption et de relancer l’économie.

Un sondage publié le mois dernier par la société de renseignement économique EXX Africa montrait que les deux tiers des Angolais étaient mécontents de leur gouvernement et pessimistes à propos de leur avenir dans le pays. Plus de 70 % des personnes interrogées disaient aussi ne pas se sentir en sécurité et s’inquiétaient des violences policières grandissantes. L’ONG Amnesty International a appelé mardi les autorités angolaises à respecter « la liberté d’expression et de réunion pacifique ».

Source : Le Monde Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

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Tribune d'Afrique

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