Algérie : la présidentielle se tiendra-t-elle comme prévu le 12 décembre prochain ?

les manifestants en Algerie

La présidentielle du 12 décembre convoquée par le président par intérim, Abdelkader Bensalah, va-t-elle se tenir à la date prévue ? D’un côté, la rue algérienne gronde sa colère contre un scrutin organisé par des rescapés du régime déchu. De l’autre, la machine semble avoir été lancée au niveau administratif, avec le remplacement de certains gouverneurs et la mise en place de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Cette dernière a commencé à réceptionner les dossiers de candidature.

Pour l’islamo-conservateur Abdelkader Bengrina, c’est fait ! A 57 ans, cet ancien ministre du Tourisme va porter les couleurs du parti Mouvement El Bina à la présidentielle convoquée le 12 décembre par Abdelkader Bensalah, président intérimaire. Plus perspicaces, d’autres ont laissé leurs états-majors politiques se charger de lancer les ballons de sonde.

Auparavant candidat aux présidentielles de 2004 et 2014, l’ancien Premier ministre Ali Benflis devrait clarifier sa position, le 26 septembre prochain lors du congrès de Talaie El Houriyet à Alger. Pendant ce temps de latence, une vidéo aux forts relents de campagne circule déjà sur les réseaux sociaux pour promouvoir l’homme politique de 75 ans qui a retiré le formulaire de candidature.

Plus dubitative, une bonne partie de la classe politique algérienne écoute la clameur qui monte de la rue qui réclame une élection organisée hors du cadre et de l’emprise des personnalités de l’ancien régime. Cette injonction a sans doute pesé dans le choix « irrévocable » d’Ahmed Benbitour, un ancien chef de gouvernement qui a exclu toute participation à la présidentielle, malgré l’appel de ses sympathisants. L’ardeur des politiques est refroidie par cette présidentielle que l’on remet à chaque fois sur la table sans que la date de son organisation effective ne soit acceptée par la rue.

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La rue maintient la pression

Une première présidentielle fixée le 18 avril 2019, à laquelle Abdelaziz Bouteflika devait briguer un cinquième mandat, avait conduit à son départ du Palais d’El Mouradia sous les protestations de la rue. Après sa démission, Abdelkader Bensalah avait d’abord fixé le scrutin au 4 juillet de la même année avant d’être reportée sine die par le Conseil constitutionnel, faute de candidats. L’inconnue plane désormais sur cette nouvelle date du 12 décembre 2019, à la nuance que les choses semblent évoluer.

Dans le sillage de son décret de convocation du corps électoral, Abdelkader Bensalah a procédé au remplacement de certains walis (gouverneurs) de l’Administration territoriale. « Le prochain scrutin présidentiel sera à la hauteur des aspirations du peuple algérien, tel qu’il attendait de la création de l’ANIE », assure de son côté Mohamed Charfi lors du lancement de la révision des listes électorales, ce dimanche 22 septembre. C’est cet ancien ministre de la Justice d’Abdelaziz Bouteflika qui pilote l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), composée de 50 membres et chargée de réceptionner les dossiers de candidatures pour la présidentielle du 12 décembre.

Ce dimanche 22 septembre, plus d’une vingtaine de candidats ou représentants de candidats ont récupéré les formulaires de candidature auprès de l’ANIE. Désormais, la course est lancée pour recueillir les 50 000 signatures d’électeurs dans les 25 wilayas du pays, à raison de 1 200 signatures minimum par wilaya. Si la machine administrative pour l’organisation du scrutin est lancée, la rue ne semble pas être réceptive à cette nouvelle date. Malgré les empêchements, les intimidations et les arrestations, les manifestants maintiennent la pression. La seule inconnue au tableau est de savoir si elle laissera cette élection se tenir.

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Source: La Tribune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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