Afrique du Sud : le Nigeria répond à la xénophobie et rapatrie 600 de ses ressortissants

Pour s’assurer de l’effectivité de la mesure, le président du Nigeria Muhammadu Buhari a envoyé une task force gouvernementale en Afrique du Sud. Chargée de faciliter les formalités pratiques, cette équipe va mettre en place un pont aérien pour évacuer plus de 600 ressortissants nigérians pris dans la fièvre xénophobe en cours dans le pays de Nelson Mandela. Via la compagnie Air Peace, les autorités ont décidé de rapatrier tous leurs compatriotes qui le souhaitent.

Sans attendre, c’est ce mercredi 11 septembre que le premier avion va effectuer sa première rotation entre l’Afrique du Sud et le Nigeria. A son bord, 320 Nigérians que Muhammadu Buharia choisi d’extirper de la spirale de violence xénophobe qui secoue une partie de l’Afrique du Sud depuis plus de deux semaines maintenant.

Deux vols pour rapatrier 600 ressortissants

Ce premier vol sera rapidement suivi par un autre dans la même semaine pour parvenir à faire rapatrier 600 ressortissants nigérians dans leur pays d’origine, selon la confidence aux médias locaux de Godwin Adamu, consul général du Nigeria en Afrique du Sud. Ce sont au total deux vols -pour le moment- qui vont assurer le transfert de Johannesburg vers Abuja. A terme, l’objectif est de parvenir à transporter ceux parmi les 100 000 expatriés nigérianssouhaitant quitter l’Afrique du Sud.

Pour parvenir à cet objectif, le gouvernement s’est adjoint les services de la compagnie privée aérienne Air Peace, propriété de l’avocat Allen Onyema. Avec une flotte d’une bonne vingtaine de gros porteurs, la compagnie privée locale devait assurer les vols retours des rapatriés. Pour assurer sa mission, la compagnie basée à Ikeja avait déjà réservé un de ses Boeing 777, un gros porteur.

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L’opération d’évacuation devait démarrer depuis dimanche dernier, mais avait dû être reportée pour absence de documents de voyage pour certains candidats au rapatriement. Pour pallier ce problème, le gouvernement nigérian a dépêché une équipe sur place. En coordination avec les autorités consulaires, elle a été chargée de régler les dernières formalités administratives avant le décollage du premier vol prévu ce mercredi 11 septembre.

Rapatriement avant la rencontre Buhari-Ramaphosa

Depuis plus de deux semaines, l’Afrique du Sud est aux prises avec les vieux démons de la xénophobie. Dimanche dernier, un rassemblement à Johannesburg s’est mu en marche de protestation contre la présence des étrangers qui a dégénéré en pillage et actes de dégradation de magasins détenus par des expatriés. Cette violente manifestation est le dernier acte d’une série de violences qui ont cours depuis fin août contre les étrangers vivant en Afrique du Sud.

Au Nigeria où la réaction à la xénophobie avait pris de l’ampleur, un mouvement social avait menacé de s’en prendre aux intérêts sud-africains. Il avait poussé Muhammadu Buhari à hausser le ton pour exiger de Pretoria qu’elle prenne les mesures idoines pour la protection des ressortissants nigérians et en provenance d’autres pays d’Afrique. Au bord d’une crise diplomatique avec Abuja, l’Afrique du Sud avait rappelé son ambassadeur pour «consultations» et décidé de fermer son ambassade.

Une visite d’Etat de Muhammadu Buhari en Afrique du Sud est prévue en octobre afin de trouver une issue à un début de crise avec son homologue Cyril Ramaphosa. En prélude à cette rencontre au sommet, le Nigeria bande les muscles en entreprenant de rapatrier ses ressortissants. Une manière sans doute de conjurer une escalade de la violence. 

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Source: La Tribune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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