Le président sortant du Malawi, Peter Mutharika, dont la victoire avait été annulée en février à l’issue d’un scrutin tenu en mai 2019 et entaché d’irrégularités, affronte mardi dans les urnes l’opposant Lazarus Chakwera, annoncé favori.

C’est le Jour J au Malawi. Près de 7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, mardi 23 juin, pour élire leur président, plus d’un an après l’annulation historique de la réélection du sortant Peter Mutharika en raison de fraudes massives.

Les 5002 bureaux de vote du pays sont ouverts de 6 h à 18 h locales (4 h à 16 h GMT). Les résultats sont attendus d’ici à la fin de la semaine.

Au terme d’une campagne qui a ravivé les tensions politiques dans le pays, Peter Mutharika, 79 ans, affronte une nouvelle fois le chef de l’opposition Lazarus Chakwera, 65 ans, et un troisième petit candidat qui n’a guère de chance de troubler leur duel.

« Faire honte à ceux qui nous ont volés »

À l’issue de l’élection du 21 mai 2019, la Commission électorale (MEC) avait proclamé la victoire du sortant, au pouvoir depuis 2014, avec 38,57 % des suffrages, contre 35,41 % à son rival. Mais Lazarus Chakwera n’a jamais accepté ces résultats, à ses yeux outrageusement frauduleux, et a saisi la Cour constitutionnelle.

Pendant plusieurs mois, le Malawi, d’ordinaire si tranquille, a tangué au rythme des manifestations de l’opposition, émaillées de violences avec les forces de l’ordre, et des audiences devant la plus haute juridiction du pays. Et à la surprise générale, ses juges ont annulé en février la victoire de Peter Mutharika, en confirmant des « irrégularités généralisées et systématiques ».

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En concluant samedi sa campagne à Rumphi (Nord), le sortant a exhorté le pays à lui rendre sa victoire. « Nous avons gagné le scrutin de 2019 mais (l’opposition) a saisi la justice et nous a volé le gouvernement », a-t-il lancé devant des milliers de partisans, « alors votons pour faire honte à ceux qui nous ont volés ».

L’opposition favorite

Allié au vice-président Saulos Chilima qui a rompu avec le président sortant, Lazarus Chakwera a de son côté mobilisé ses troupes en dénonçant la corruption et la faillite économique du régime sortant. « Le peuple veut le changement », a-t-il résumé lors d’un entretien accordé cette semaine à l’AFP, « il nous considère comme le visage d’un nouveau Malawi dont la construction serait ouverte à tous ».

De nombreux analystes ont fait de Lazarus Chakwera leur favori. « Je n’accorde pas à Mutharika de fortes chances de réélection », a prédit le politologue malawite Michael Jana, de l’université du Witwatersrand (Afrique du Sud). « J’espère juste que les résultats seront suffisamment clairs pour éviter de nouvelles contestations ». 

Le nouveau président de la MEC Chifundo Kachale a promis un scrutin transparent. « Je tiens à vous assurer de mon engagement absolu et de celui de toute la Commission à organiser une élection crédible dont les résultats seront acceptables par tous », a-t-il déclaré devant les représentants des candidats.

Les candidats ont multiplié depuis des semaines les réunions publiques devant des milliers de partisans, mais Chifundo Kachale a promis que les règles de prévention sanitaire contre la pandémie de nouveau coronavirus seraient respectées pendant le scrutin présidentiel. Selon le dernier bilan, un total de 730 cas d’infection par la maladie Covid-19, dont 11 mortels, ont été recensés au Malawi.

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Source: France 24/Mis en : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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