Appel au cessez-le-feu par les parties au conflit et accord pour des élections législatives : Espoir de paix en Libye

(From L) Libyan National Army’s Field Marshal Khalifa Haftar, Libya’s parliament speaker based in the eastern town of Tobruk Aguila Saleh Issa, Libya’s Presidential Council of the Government of National Accord Fayez al-Sarraj, and President of the High Council of State of Libya Khaled Mechri attend an International Congress on Libya at the Elysee Palace in Paris, on May 29, 2018. Rival Libyan leaders vying for influence in the fractured and war-scarred country meet in Paris for a major peace conference seen as a risky French-backed push for a political settlement in the country. / AFP PHOTO / POOL / Etienne LAURENT

Grande fut la surprise des observateurs de la scène libyenne, suite à la diffusion simultanée, hier, de deux communiqués, quasi-identiques, émanant de Fayez Al Sarraj et Salah Aissa Aguila, appelant à un cessez-le-feu immédiat en Libye.

Et ce qui surprend le plus, c’est que les deux communiqués appellent à la reprise de la production pétrolière et au gel de ses ressources financières jusqu’à l’obtention d’un accord politique. Les observateurs étaient au courant des pressions américaines sur les belligérants en Libye. Mais, un accord aussi rapide en a surpris plus d’un.

Il ne faut pas être sorcier pour comprendre que les deux communiqués émanaient d’un seul «souffleur», qui entretenait les deux belligérants. Et il ne serait qu’américain, puisque son contenu est proche des grandes lignes, évoquées par le président du Parlement de Toubrouk, Aguila Salah, et l’ambassadeur, Richard Norland, lors de leur rencontre du 11 août au Caire.

Lesquels propos ont été repris dans le communiqué d’alors de l’ambassade américaine. El Watan a cité ce rapprochement de vues, entre Aguila et Norland, dans son édition du 16 août. Mais l’adhésion rapide d’Al Sarraj et l’Ouest libyen à la même thèse a créé la surprise, surtout après le tout récent accord militaire signé, entre-temps, entre Tripoli, Doha et Ankara.

Washington aurait, semble-t-il, décidé de siffler la fin du jeu de ses subordonnés, turc et qatari, d’un côté, et émirati, saoudien et égyptien, de l’autre.

Les communiqués des deux bords montrent qu’il y a accord sur trois points importants, qui sont, d’abord, un cessez-le-feu immédiat. Ensuite, la reprise de la production pétrolière. Enfin, le gel de l’argent du pétrole, en attendant un accord politique.Ces trois points ont été cités aussi bien dans le communiqué de Tripoli que celui de Benghazi.

A LIRE AUSSI:   Soudan : le Conseil souverain ordonne la fermeture des frontières avec la Libye et la Centrafrique

Les deux parties ont même évoqué de couper la route à l’intervention étrangère et le départ des mercenaires de Libye. Chacun l’entend sûrement à sa manière. Ainsi, Tripoli évoque l’idée de démilitariser les régions de Syrte et de Jofra. Son communiqué insiste sur le fait que l’Entreprise nationale de pétrole soit souveraine, en matière de sécurité, sur les champs et les ports pétroliers en Libye.

Il évoque également la tenue d’élections en mars prochain, selon un mode consensuel entre les Libyens. Par contre, le communiqué de Benghazi propose à ce que Syrte soit le siège du nouveau Gouvernement d’union nationale et que sa sécurité soit assurée par des brigades de toute la Libye, comme premier pas vers l’unité nationale.

Élections générales

Le restant des mesures de réconciliation serait établi dans le cadre des négociations militaires 5+5 et l’esprit des recommandations de Berlin et l’annonce du Caire, avec des garanties de la délégation onusienne, l’administration américaine, ainsi que les pays cherchant la paix en Libye.

Les observateurs semblent oublier que la source fondamentale de la guerre en Libye, c’est le résultat du scrutin du 25 juin 2014. Les Frères musulmans, sous leurs différentes couleurs, ont perdu le contrôle de l’Assemblée, alors qu’ils contrôlaient le Congrès national général. Il serait donc fondamental de s’entendre sur la tenue d’élections démocratiques et indépendantes, dont les résultats seraient acceptés par tous les candidats, comme celles de juillet 2012 et juin 2014.

Lors de ces deux scrutins, les candidats ont accepté les résultats. En 2014, c’étaient les milices qui avaient voulu imposer la loi des armes. Et, depuis, la Libye est entrée dans un désordre indescriptible. «Parler d’élections en mars prochain nous renvoie à d’anciennes promesses lancées à Dubai, Paris ou Sekhirat, le long des dernières années», se rappelle, perplexe, l’un des premiers présidents du Conseil local de Benghazi, en 2011/12. «Après tant de guerres et des milliers de morts, ainsi que la détérioration de la vie de la quasi-majorité des Libyens, il y a un besoin pressant d’une phase transitoire pour passer l’éponge et resouder le pays, sous la direction d’un Gouvernement réconciliateur», propose-t-il.

A LIRE AUSSI:   Maurice : les élections législatives fixées au 7 novembre

Il est clair que ce ne sera pas facile de tourner la page de la guerre. C’est déjà bien de parvenir à un cessez-le-feu permanent. La communauté internationale est appelée à plus d’efforts pour faire perdurer la paix et œuvrer pour la bonne gouvernance en Libye.

Source: El watan /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

Read Previous

Présidentielle en Côte d’Ivoire : l’ancien président Gbagbo et l’ex-rebelle Soro non inscrits