Mali : vers la création d’une agence dédiée à la gestion du patrimoine minier

Lamine Seydou Traoré, ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, en a fait l’annonce lors d’une visite de terrain au complexe aurifère Loulo-Gounkoto.

Le Mali prépare le création d’une agence dédiée à la gestion du patrimoine minier, a annoncé le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, lors d’une récente visite de terrain au complexe minier Loulo-Gounkoto, au sud du pays, rapporte l’agence de presse malienne. Il s’agit, d’après l’officiel, de l’une des conditions sine e qua none « pour que l’or brille pour le Mali ». Cette agence, a ajouté le ministre, « va utiliser des ressources humaines qualifiées et des outils pour mieux comprendre le secteur et lever des fonds pour aider les entreprises locales ». L’accès au financement est en effet l’un des facteurs qui a poussé vers la sortie du secteur les quelques entreprises maliennes qui étaient engagées.

Lamine Seydou Traoré était également à la mine de Loulo-Gounkoto pour participer au conseil d’administration de Barrick Gold, la compagnie canadienne exploitant ce complexe minier qui représenterait à lui seul 5 à 10% du PIB malien chaque année. En 2020, l’activité est restée soutenue, en dépit du contexte liée non seulement à la pandémie, mais aussi à la crise socio-politique qu’a connu le pays. Barrick Gold rapporte une production de 680 215 onces d’or, dépassant ainsi les prévisions de l’opérateur.

Cette volonté de faire briller l’or du Mali a en avant par le président Bah N’Daw qui réclamait en novembre dernier une transparence totale dans l’exploitation des ressources, après que le rapport annuel du Bureau du Vérificateur Général ait pointé « 60,53 milliards de Fcfa [environ 108,2 millions de dollars] d’irrégularités financières dans le secteur minier » en 2019. Un secteur fait en outre de charbon, de fer, de bauxite, de pétrole et de gaz, mais dont l’or, pilier de l’économie nationale, reste le fer de lance.

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Au-delà, l’impératif d’une « une politique économique efficace »

En tout état de cause, après le nouveau Code minier de 2019, la mise en place d’une agence de gestion du patrimoine minier malien permettrait de mieux organiser et de mieux suivre l’évolution du secteur. Et ce, même si de l’avis d’Aboudramane Coulibaly, économiste malien récemment interrogé par LTA, le rayonnement du riche potentiel minier malienne passerait inéluctablement par « une politique économique cohérente, vigoureuse et efficace ».

Source : La Tribune Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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