Législatives au Tchad le 9 août ? «On tourne en rond» dénoncent certains

Au Tchad, les élections législatives sans cesse repoussées depuis cinq ans, pourraient ne pas avoir lieu avant le 9 août prochain.
© Gael COGNE / AFP

Au Tchad, il y a deux jours, la Commission électorale nationale indépendante a annoncé que les législatives, prévues jusqu’ici pour avant fin mars, au 9 août 2020. L’annonce a été faite au cours d’une réunion autour du président Idriss Déby et en présence des partis de la majorité et d’une partie de l’opposition. Une partie de l’opposition, qui a boycotté cette réunion surprise, est vent debout contre ce énième report. 

Il s’agit d’une vingtaine de coalitions et de partis politiques qui se réclament de l’opposition démocratique. Ils dénoncent un véritable coup de force de la part d’Idriss Déby, un chef d’État qui a verrouillé depuis longtemps tout le processus électoral selon eux. Ils exigent aujourd’hui de véritables négociations sur la mise en place d’élections démocratiques avant de fixer une date définitive pour ces législatives.

Le leader de l’UNDR, Saleh Kebzabo, appartient à cette plateforme : « Il faut que le président Déby cesse de tourner en rond. Cela fait deux ans qu’il annonce des dates qu’il ne peut pas tenir. Cela fait quatre-cinq ans qu’on doit aller aux élections, qu’il est incapable de dégager les moyens nécessaires d’un État souverain pour remplir un acte comme celui-là. Nous, on rejette ce chronogramme, on rejette toute l’idée d’aller à des élections sans négociation. Tout l’arsenal qui a été mis en place par le pouvoir consiste à couper la tête de l’opposition ».

Réaction du porte-parole du MPS, le parti présidentiel tchadien, cette opposition « est de mauvaise foi » car, dit-il, le processus électoral est entièrement entre les mains de la Céni et du Cadre national de dialogue politique. « C’est un peu malhonnête de leur part. Le président n’a aucune prise sur le déroulement du processus électoral. La position qu’il occupe, c’est en qualité de garant. Et en tant que qualité de garant, il faut qu’aujourd’hui émettre des souhaits, un projet d’intention. Les institutions qui sont chargées d’organiser les élections sont à pied d’œuvre et vont, nous l’espérons, d’ici jeudi prochain – nous sortir un chronogramme réaliste », déplore Jean-Bernard Padaré.

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Saleh Kebzabo assure lui qu’ils sont « prêts à aller à la confrontation », tout en restant dans la légalité.

Source: RFI Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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