La Guinée équatoriale ne renonce pas à son rêve de devenir un eldorado pétro-gazier

ville de malabo

La Guinée équatoriale maintient son ambition de se positionner en hub pétrolier et gazier de la région. Le pays qui a connu un marasme économique suite à la crise pétrolière de 2014 tente un timide redressement appuyé par la hausse des prix du baril. Alors que l’économie est en récession, Malabo expose ses réformes, jugées insignifiantes dans un contexte de corruption généralisée, dénoncée par les opposants au régime d’Obiang.

La Guinée équatoriale devrait produire 140 000 barils de pétrole par jour à partir d’octobre 2020, contre 120 000 barils actuellement, a annoncé Gabriel Obiang Lima, le ministre du Pétrole début janvier. Les 20 000 barils suppléments seront tirés de nouveaux champs pétroliers du pays et plus précisément du gisement S-5 du bloc offshore S, découverte en novembre dernier par le pétrolier américain Kosmos Energy. C’est le premier puits, issu d’une campagne de forages en cours jusqu’à l’année prochaine. La Guinée équatoriale a été confrontée à une arrivée à maturité de ses plus importants gisements en production, occasionnant une baisse des volumes de production. Pour relever le niveau de production, le pays d’Afrique centrale prévoit de lancer un nouveau cycle d’octroi de licences pétro-gazières, d’ici juin ou décembre 2020. Malabo avait déjà lancé un cycle d’octroi de 26 licences, dont 24 en offshore et deux en onshore en avril dernier.

L’idée est de se positionner en hub gazier de la sous-région. Le pays d’Afrique centrale dépendait des hydrocarbures pour 56 % de son PIB, pour 95 % de ses exportations et 80 % de ses recettes fiscales, selon les chiffres de la Banque africaine de développement (BAD) en 2017.

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Une économie en berne

Au cours de la période 2015-2018, le PIB réel de la Guinée équatoriale a baissé de près de 29 %, après quatre années consécutives de récession due à la chute des prix pétroliers et à l’absence de diversification de son économie. En 2018, le taux de croissance du PIB réel a poursuivi son déclin, tombant à -7,9 %, contre -2,9 % en 2017, plombée par la chute de la production pétrolière (-14 %). Les croissances resteront négatives en 2019 (-2,7 %) et en 2020 (-2,5 %) suite à une baisse de la production d’hydrocarbures et à des ajustements budgétaires. Le gouvernement compte sur desInvestissements Directs Etrangers (IDE) supplémentaires dans le secteur pétrolier pour relancer la production dans les prochaines années. La croissance devrait redevenir positive en 2021, pour le pays qui a tenté des réformes.

Les tentatives de réformes

Dans le cadre de son année d’investissement, le gouvernement de Malabo mise sur le développement des infrastructures minières et énergétiques telles que les raffineries, une centrale électrique alimentée au gaz, mais aussi des réservoirs de stockage. Le pays ambitionne notamment de devenir raffineur et producteur de produits pétroliers d’une capacité de 20 000 à 30 000 barils par jour. Pour développer les compétences locales dans le secteur pétrolier met en place une académie d’ingénierie et une société de formation dédiée à la promouvoir de la formation professionnelle et une éducation de qualité pour les citoyens équato-guinéens.

Dans sa quête de financement pour redresser son économie, la Guinée équatoriale a bénéficié d’un programme de prêt de 280 millions de dollars de la part du FMI. Et ce, malgré les vives critiques d’ONG internationales comme Oxfam, Human watch Right (HWR) ou encore Amnesty International qui ont désapprouvé la décision. Elles estiment que l’appui du FMI à la Guinée équatoriale devrait être conditionnés par des résultats tangibles dans les réformes, ainsi la lutte contre la corruption du pays où le fils du président, également vice-président, fait l’objet d’une série de plaintes pour corruption.

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Source: La Tribune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

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