La Chine reproche au Zimbabwe de sous-estimer son soutien financier

Zimbabwean Finance Minister Mthuli Ncube arrives to deliver his 2019 Budget speech at Parliament in Harare, Zimbabwe, November 22, 2018. REUTERS/Philimon Bulawayo – RC11FB8380C0

De janvier à septembre, l’aide bilatérale s’est élevée à 3,6 millions de dollars selon Harare… contre 136,8 millions de dollars d’après Pékin.

La Chine a reproché au Zimbabwe, mardi 19 novembre, de sous-estimer l’aide financière qu’elle lui accorde pour maintenir à flots son économie en crise, après la publication de chiffres qui la placent très loin derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. En présentant son projet de budget au Parlement, jeudi dernier, le ministre zimbabwéen des finances, Mthuli Ncube, a affirmé que Pékin avait versé à son pays 3,6 millions de dollars (près de 3,3 millions d’euros) d’aide bilatérale entre janvier et septembre. Un chiffre très modeste comparé aux 50 millions de dollars versés par Washington ou Londres ou aux 41 millions de dollars déboursés par l’Union européenne.

La comparaison a visiblement froissé la Chine, dont l’ambassade à Harare s’est fendue d’un communiqué de presse très inhabituel pour rectifier les statistiques du ministre. « Elles sont très différentes de la réalité sur le terrain, a-t-elle assuré. Selon nos données, l’aide bilatérale fournie par la Chine au Zimbabwe s’est en fait montée à 136,8 millions de dollars de janvier à septembre 2019 […] L’ambassade souhaite que les ministères compétents du gouvernement zimbabwéen publient des statistiques complètes de leurs donneurs bilatéraux et qu’elles reflètent la réalité dans leurs documents budgétaires. » Pris à froid, le ministère zimbabwéen de l’information a tweeté que « des consultations [étaient] en cours pour parvenir à une position commune sur les procédures comptables ».

La Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique. L’an dernier, Pékin a promis une aide de 60 milliards de dollars « sans conditions » au continent. La plupart du temps, la Chine construit des infrastructures importantes (routes, voies ferrées, ports…), sans demander de contrepartie financière. Mais elle se rétribue amplement en exploitant les abondantes ressources minérales et pétrolières du continent.

A LIRE AUSSI:   Zimbabwe: retour du dollar américain pour tenter de limiter la crise économique

Au Zimbabwe, sa présence est particulièrement visible depuis les sanctions pour non-respect des droits humains infligées par les Occidentaux au régime de l’ex-président Robert Mugabe. Le pays d’Afrique australe est enlisé depuis vingt ans dans une crise économique et financière catastrophique. La situation de ses 15 millions d’habitants s’est encore aggravée récemment avec le retour de l’hyperinflation, des coupures d’électricité, des pénuries de produits comme la farine, le carburant et les médicaments, et la sécheresse.

Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

Read Previous

Présidentielle au Togo: rencontre entre l’opposition et le gouvernement

Read Next

Agenda 2030 : l’Afrique à l’aube de sa transformation