Tunisie : démission du premier ministre Elyes Fakhfakh après un bras de fer avec le parti islamo-conservateur Ennahda

Elyess Fakhfakh

Ennahda, qui compte cinq ministres, avait relancé ses appels à changer de gouvernement, mettant en avant les soupçons de corruption pesant sur un premier ministre sous le coup d’une enquête pour conflit d’intérêts.

Elyes Fakhfakh, choisi en janvier par le président tunisien, Kaïs Saïed, pour constituer un nouveau gouvernement, a présenté sa démission mercredi 15 juillet, ont indiqué deux sources officielles sous couvert d’anonymat à l’Agence France-Presse (AFP).

Cette démission intervient après un bras de fer entre M. Fakhfakh et le parti islamo-conservateur Ennahda. La formation, qui compte cinq ministres au gouvernement, avait relancé de façon pressante cette semaine ses appels à changer de gouvernement, mettant en avant les soupçons de corruption pesant sur le premier ministre.

M. Fakhfakh est sous le coup d’une enquête pour conflit d’intérêts, accusé depuis fin juin de ne pas avoir cédé la gestion de ses parts dans une entreprise d’assainissement ayant remporté des marchés publics ces derniers mois.

Motion de censure

Selon la présidence, M. Saïed a désormais dix jours pour nommer une personnalité à même de gouverner le pays, qui aura elle-même un mois afin de convaincre la majorité absolue des députés d’approuver son équipe. Une gageure étant donné que le Parlement élu en octobre est composé d’une myriade de partis.

Peu avant l’annonce de cette démission, le parti Ennahda et certains de ses alliés avaient déposé une motion de censure contre le premier ministre.

M. Fakhfakh, 48 ans, a été nommé ministre du tourisme fin 2011 avant de devenir en décembre 2012 ministre des finances, jusqu’en janvier 2014. Ancien employé du groupe français Total, il est rentré en Tunisie en 2006 après plusieurs années d’expatriation, et il y a dirigé le groupe automobile tunisien Cortel, devenu Caveo.

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Il est le huitième chef de gouvernement en Tunisie depuis le « printemps » de 2011 qui avait renversé la dictature de Zine El-Abidine Ben Ali. M. Fakhfakh s’est engagé en politique après la révolution, auprès du parti social-démocrate Ettakatol.

Il avait été candidat à la présidentielle en 2019 au nom d’Ettakatol, mais n’avait convaincu que 0,34 % des électeurs au premier tour.

Source :Le Monde Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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