Sommet de la SADC: timide soutien au Mozambique sous menace terroriste

Les chefs de États-membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) étaient réunis en visioconférence, ce lundi 17 août, pour leur 40e sommet. Le président du Mozambique, Filipe Nyusi, est désormais à la tête de l’institution, prenant la suite de la Tanzanie. Son pays est au cœur des discussions régionales, puisque le nord du Mozambique connaît, depuis trois ans, des actes de terrorisme. Face à cette menace, les pays-membres n’ont exprimé qu’un timide soutien au pays.

Il y a quelques jours à peine, les jihadistes du groupe al-Shabab affiliés à l’Etat islamique ont pris le port stratégique de Mocimboa da Praia, dans le nord du Mozambique. La SADC [Communauté de développement d’Afrique australe] a reconnu l’importance de la menace, mais ne semble pas, pour l’instant, vouloir s’investir davantage.

Depuis près de trois ans, les violences au Mozambique ont fait plus de 1 000 morts et des dizaines de milliers de déplacés. Désormais, l’insurrection jihadiste menace de s’internationaliser et, jusqu’à présent, le président Filipe Nyusi n’est pas parvenu à ramener l’ordre.

Trois ans pour reconnaître la menace

Dans son communiqué, rapporte notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès, l’organisation régionale exprime sa « solidarité » et son « engagement » pour « soutenir le Mozambique dans son combat contre le terrorisme ». Ainsi, le danger que représentent les violences jihadistes n’est donc plus sous-estimé mais il aura fallu trois ans à l’État mozambicain et à la SADC pour reconnaître la réalité de la menace.

Pourtant, la communauté d’Afrique australe ne donne pas plus de précisions sur le soutien qu’elle compte apporter au Mozambique dans sa lutte. Nulle mention d’envoi de troupes, ni d’émissaires, alors que le gouvernement mozambicain et des sociétés de sécurité privées ont échoué à contenir ces actes de terrorisme et que de son côté, l’Union africaine doit attendre une réaction de l’institution régionale avant de pouvoir agir.

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La province de Cabo Delgado est stratégique, puisqu’elle doit accueillir un méga-projet de gaz naturel liquéfié, auquel participe le groupe français Total. La prise du port de Mocimboa da Praia, important en termes de logistique et de contrôle de la zone, est d’ailleurs un nouveau coup dur pour le projet.

Source: Rfi Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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