Regain de tension entre le Burkina Faso et la France

Le parti au pouvoir ainsi que l’opposition ont critiqué la déclaration du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, qui a demandé plus d’action pour lutter contre les mouvements djihadistes.

Les acteurs politiques burkinabè n’ont pas tardé à réagir à la déclaration de Jean Yves Le Drian, appelant le Mali et le Burkina Faso à agir davantage pour rétablir la sécurité face aux violences djihadistes et intercommunautaires.

Pas besoin de conseils venus de l’étranger

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti au pouvoir ne se reconnaît donc pas dans cette déclaration du diplomate français, explique Simon Compaoré, président du MPP :

« Les propos du ministre Jean Yves Le Drian ne me concernent pas. Nous avons des anciens qui sont les religieux et coutumiers qui nous conseillent et les organisations de la société civile et politiques qui agissent« , a ainsi déclaré Simon Compaoré. »Nous sommes les maîtres de nos destins. C’est pourquoi l’appel du président du Burkina Faso doit être entendu partout dans le pays. Nous allons nous mobiliser pour livrer davantage bataille contre l’ennemi, avec l’aide de Dieu.« 

Un aveu que l’opposition ne comprend pas

L’opposition s’avoue pour sa part surprise par cette prise de position du chef de la diplomatie française. Mamadou Kabré, le président du Prit-Lanaya, s’interroge même sur l’attitude de la France qui semble illustrer son incapacité à vaincre militairement les djihadistes :

« Je dirais que ça me fait froid dans le  dos de savoir que le ministre français des Affaires étrangères avoue ainsi que nous devrions faire plus de pression sur les djihadistes. Alors que la France est appelée à l’aide afin de vaincre ces groupes terroristes. C’est un aveu d’impuissance et cela présage d’une situation catastrophique dans un proche avenir.« 

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Le Burkina Faso fera avec ou sans la France

Simon Compaoré se veut néanmoins plus confiant et assure que son pays poursuivra son combat, avec ou sans la France :

« Cette guerre est une question de conviction. Si on n’est pas convaincu, on aura beau avoir des armes de guerre, on ne pourra pas vaincre. Mais nous ne sommes pas les seuls à être confrontés à une telle situation. Nous allons lutter, avec ou sans l’aide des aînés.« 

La France et les Etats-Unis ont toutefois conseillé cette semaine à leurs ressortissants de quitter le Burkina Faso, car ils estiment que la situation sur place devient de plus en plus dangereuse.

Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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