RDC : les rebelles du CMC créent la psychose dans l’est

Dans l’est de la RDC, dans le territoire de Rutshuru, les habitants s’inquiètent de la présence d’un nouveau groupe rebelle qui serait une coalition de plusieurs autres groupes présents dans la région.

Depuis plusieurs semaines, les habitants du territoire de Rutshuru se plaignent de la présence de combattants appartenant à un nouveau groupe rebelle appelé CMC (Collectif des mouvements pour le changement).   

Un groupe qui, selon plusieurs sources sur place, comprend descombattants Maï-Maï et des Nyatura combattants Maï-Maï et des Nyatura.  

La présence de combattants de ce nouveau groupe rebelle est signalée à Kibende, une agglomération située à moins de 10 kilomètres de la cité de Kiwanja en territoire de Rutshuru.  

Les habitants de la région, qui sont généralement des agriculteurs, déplorent le racket dont ils sont victimes de la part des combattants. C’est ce dont témoigne Sifa Makereko, une habitante :    

« Beaucoup de ces combattants se trouvent à Kibende, ils ont des armes toutes neuves, on ne sait pas d’où ils sont venus. Ils sont là où se trouvent nos champs. Nous demandons que cette question soit réglée car on ne sait plus comment cultiver et subvenir aux besoins de nos enfants. Ils font payer cinq dollars  par agriculteur pour accéder aux champs. »

Complicité

La présence de ces rebelles est confirmée par certains députés de la province du Nord-Kivu, comme le député provincial  Adrien Syasemba qui dénonce aussi l’implication des autorités locales qui seraient complices de ces combattants pour racketter la population : 

« Ce nouveau groupe rebelle CMC tracasse la population. Quand les habitants vont dans leurs champs à Kibende,  Kiseguro et Nyamirima,  les combattants leur imposent le paiement d’un montant allant de cinq à dix dollars pour accéder à leurs  champs.  Quand il y a une récolte, ils prennent un dixième de cette récolte. Fort malheureusement, certaines autorités sur place sont complices de tout ça. Nous déplorons cette situation. » 

La société civile, pour sa part, rappelle que ce nouveau groupe rebelle n’est pas le seul qui commette des exactions. Jonas Pandasi, le porte-parole de la société civile en territoire de Rutshuru, explique ainsi qu’on assiste à une prolifération des rebelles dans cette région :

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« Ce mouvement n’est pas né ces derniers jours,  il existe depuis longtemps. Le territoire de Rutshuru est devenu le berceau des groupes armés qui mettent à mal la situation sécuritaire de nos concitoyens. Nous ne pouvons que demander à l’Etat de bien vouloir intervenir.  » 

L’armée pour sa part semble être réservée sur cette question. Le major Guillaume Ndjike, porte-parole des opérations Sokola 2, a assuré que l’armée donnera sous peu de plus amples précisions sur l’identité de ce groupe. Pour l’instant, une enquête serait conduite par les services de sécurité de l’armée congolaise.

Source: Deutsch welle Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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