Le président de la transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, a été visé, mardi, par une attaque au couteau durant le rite musulman de l’Aïd, la fête du Sacrifice, à la Grande Mosquée de Bamako. Il est « sain et sauf », selon son entourage

Le président de la transition au Mali a été victime d’une « tentative d’assassinat ». Deux personnes ont tenté, mardi 20 juillet, de poignarder le colonel Assimi Goïta, durant le rite musulman de l’Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, à la Grande Mosquée de Bamako, a constaté un journaliste de l’AFP.

C’est après la prière et alors que l’imam se dirigeait vers la sortie de la mosquée pour égorger le mouton que les faits se sont déroulés. Le président Goïta a ensuite été emmené à Kati, ville-garnison proche de Bamako, et ne semblait pas avoir été touché, selon le constat de l’AFP.

Interrogés par l’AFP sur la qualification de l’acte comme une « tentative d’assassinat » du président, ses services ont répondu: « Oui, tout à fait. » « Nous sommes en train de mener l’enquête. Au moins une personne a tenté de l’attaquer avec un couteau à la Grande Mosquée de Bamako ce jour », a ajouté la même source, affirmant que « le président est sain et sauf ».

Présent sur les lieux, le ministre des Affaires religieuses, Mamadou Koné, a expliqué à l’AFP qu’un « homme a tenté tout de suite dans la Grande Mosquée de Bamako de tuer le président de la transition avec un couteau ». Mais « il a été bien maîtrisé avant de commettre son forfait », a-t-il ajouté. 

« C’est après la prière et le sermon de l’imam, au moment où l’imam devait aller immoler son mouton, que le jeune a tenté de poignarder Assimi (Goïta) de dos », a confirmé à l’AFP Latus Tourè, régisseur de la Grande Mosquée.

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La mosquée du roi Fayçal a ensuite été vidée de ses fidèles et ses abords ont retrouvé une quinzaine de minutes plus tard le calme une fois le président de la transition emmené au QG des militaires dans la ville-garnison de Kati à une quinzaine de kilomètres de Bamako, selon ses services.

« Je vais très bien, aucun élément n’a été blessé. (…), a déclaré Assimi Goïta à la mi-journée sur l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM). “Quand on est leader, il y a toujours des mécontents, il y a des gens qui à tout moment peuvent vouloir tenter des choses pour déstabiliser, tenter des actions isolées ».

Transition jusqu’en 2022 

Dans la grande mosquée, il était mardi matin assis auprès d’autres dignitaires du régime, comme il est d’usage pour la « grande fête », surnommée Tabaski en Afrique de l’Ouest, avant que chacun ne rejoigne sa famille respective.

Un des deux assaillants portrait un turban, selon le même constat de l’AFP. Aucune piste ne pouvait être privilégiée mardi à la mi-journée, dans un pays très instable politiquement et en prise à des violences multiformes depuis 2012.

Ces violences, qui ont débuté par des rébellions indépendantiste puis jihadiste dans le nord du Mali, se sont ensuite propagées au centre et au sud du pays, se mêlant à des conflits intercommunautaires et à des attaques crapuleuses dans des zones où l’influence de l’État est très faible. Le phénomène touche depuis plusieurs années le Burkina Faso et Niger voisins, où opèrent également des groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’organisation État islamique (EI).

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Bamako, d’habitude relativement épargnée par rapport au reste du pays, a connu par le passé des attentats jihadistes, et a été le théâtre de deux coups d’État en moins d’un an.

Le dernier en date, en mai, a été mené par les mêmes colonels, conduits par le colonel Assimi Goïta, que celui d’août 2020, et a abouti à son investiture comme président de la transition.

Ancien chef d’un bataillon de forces spéciales, depuis neuf mois il ne se déplace jamais sans ses hommes, cagoulés et armés de fusils d’assaut. Le colonel Goïta et le nouveau gouvernement, nommé par la junte, ont assuré qu’ils tiendraient l’engagement de rendre les commandes aux civils après des élections prévues le 27 février 2022.

Source : France 24 Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

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