L’Union africaine veut se faire entendre sur la Libye

Après la conférence internationale de Berlin sur la Libye, une réunion qui a réuni plusieurs pays occidentaux ainsi que la Russie et la Turquie, l’Union africaine veut prendre le relais le 30 janvier à Brazzaville.

« La Libye est un pays africain et les victimes de la crise dans ce pays sont essentiellement en Afrique. Et toute stratégie tendant à marginaliser le continent dans le règlement de cette crise, pourrait se révéler inefficace ». Voici en substance, ce que déclarait il y a quelques jours, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, président du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye. 

Cette déclaration traduit la frustration de nombreux Africains face à la mainmise des puissances occidentales sur le dossier libyen. Pour Acheick Ibn Oumar, conseiller diplomatique du président tchadien, Idriss Deby, « les protagonistes libyens ont tendance à écouter ceux qui leur donnent les moyens matériels pour combattre et non ceux qui leur donnent des conseils. Le monde est ainsi fait. Mais nous pensons que le temps donnera raison à l’Afrique et que tout le monde viendra à la table des discussions et que l’on écoutera davantage les voisins immédiats de la Libye. » 

L’Afrique unanime sur la Libye

Dimanche (19 janvier), à Berlin, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat a réitéré la position de l’organisation panafricaine sur le dossier libyen. Une position partagée par tous les pays. « Il y a toujours eu une unanimité de l’Afrique sur la crise en Libye. La position africaine est claire. Il s’agit du respect de l’embargo sur les armes, de cesser toute ingérence étrangère dans cette crise et de prôner la négociation avec tous les protagonistes de la crise », explique  Acheick Ibn Oumar.

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L’Union africaine peut-elle cependant influer sur le règlement de la crise libyenne ? Pas véritablement, selon Boubacar Salif Traoré, directeur d’Afriglob Conseil, une entreprise malienne spécialisée dans les questions de sécurité et de développement. « Il est très difficile d’influer sur ce conflit en raison de l’appétit de certaines puissances pour les ressources de la Libye. La Libye a de grandes réserves de pétrole et de gaz sans oublier sa position géostratégique. La Russie et la Turquie sont désormais présentes aux côtés des puissances qui y étaient déjà. Tout cela affaiblit l’Union africaine  » selon l’analyste malien.

Le 30 janvier, Brazzaville accueillera donc une réunion du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye. La Libye qui sera certainement aussi au centre du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, les 9 et 10 février, à Addis-Abeba en Ethiopie.

Source: Deutsche Welle /Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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