Le Bénin veut revoir sa carte diplomatique dans le monde

Patrice Talon

Le Bénin aurait decidé de ramener le nombre des ambassades et répresentations diplomatiques dans le monde à dix, contre 27 actuellement. L’information n’a pas été confirmée par les autorités de Cotonou, mais fait réagir.

C’est au cours du Conseil des ministres du 28 février 2020 que la décision de modifier pour la troisième fois (après 2016 et 2018) la carte diplomatique du Bénin a été adoptée. Selon nos confrères de la Lettre du Continent, la représentation auprès de l’Union africaine à Addis-Abeba, celle auprès des Nations unies et l’ambassade à Pretoria en Afrique du sud sont concernées par ces fermetures.

« 80% du budget alloué au ministère des Affaires étrangères va aux postes diplomatiques et consulaires, dont 70% pour les dépenses de personnels et de fonctionnement et seulement 2% pour les acquisitions, réfections des bâtiments et autres », explique Élisée Héribert-Label Adjovi, spécialiste des questions internationales et Gouverneur du magazine panafricain bilingue « Le Label Diplomatique » à Cotonou. « Par exemple, sur plus de 27 milliards (FCFA) de budget en 2020, il n’y a eu que 2 milliards pour les investissements. On jugera le gouvernement du président Patrice Talon à l’épreuve des faits ». 

Souffrance

Selon nos sources, les représentations diplomatiques du Bénin auprès de l’Unesco et de l’Organisation internationale de la francophonie à Paris, de même que les ambassades à Copenhague, Ankara, Genève, Bruxelles et Berlin seront aussi fermées. « Cette décision sera lourde de conséquences pour la communauté béninoise. Les dépenses de souveraineté d’un Etat, c’est aussi d’assurer la permanence diplomatique. Les Béninois qui sont dans la zone vont beaucoup souffrir de ça », se lamente Mickael Gbeognin Houngbedji, étudiant en sociologie à l’Université de Bayreuth en Allemagne.

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Dr Qemal Affagnon comprent la décision de Cotonou
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Dr Qemal Affagnon, directeur Afrique de l’ouest d’Internet sans frontières et de nationalité béninoise, comprend lui la démarche des autorités de son pays. « Il est dejà arrivé qu’une ambassade soit accreditée dans plusieurs pays. Donc, la réforme en cours par exemple permet à l’Ambassade auprès du Saint-Siège de cumuler les fonctions avec celle qui était rempli par l’Ambassade en Italie. Donc, il est tout à fait faisable« , explique-t-il.

Contacté, Aurélien Agbénonci, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération n’a pas souhaité réagir, car, a-t-il expliqué, l’urgence pour son pays, demeure pour l’heure, la lutte contre la pandemie du Covid 19.

Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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