L’Afrique plus que jamais dans le plan de développement d’Orange

Le logo de l’opérateur de télécommunications français Orange au Caire, en Egypte. Mohamed Abd El Ghany / REUTERS

L’opérateur télécom français veut en priorité « être présent dans les grandes économies du continent que sont le Nigeria et l’Afrique du Sud ».

Le PDG de l’opérateur français de télécommunications Orange, Stéphane Richard, a indiqué viser des acquisitions à l’étranger, notamment en Afrique, pour tirer parti des opportunités de la crise ces prochains mois. C’est ce qu’il a indiqué dans une interview au quotidien économique français Les Echos, lundi 15 juin. « Cela pourrait faire sens pour Orange d’avoir une assise géographique africaine plus importante qu’aujourd’hui et d’être présent dans les grandes économies africaines que sont le Nigeria et l’Afrique du Sud », a précisé le dirigeant. Déjà, l’opérateur français des Telecoms compte un Africain sur dix parmi ses clients.

« Ces dernières années, Orange a surtout fait de la croissance organique. Nous devons être plus offensifs. Une crise crée des problèmes, mais provoque aussi des opportunités. Orange doit se mettre dans l’état d’esprit de saisir ces opportunités », a déclaré M. Richard au quotidien économique. Cet opérateur, les Africains le connaissent bien puisqu’il est déjà bien présent sur le continent, notamment avec la banque mobile. Fin 2019, 45 millions d’Africains, répartis dans dix-sept pays et exclus de la bancarisation, avaient en effet déjà ouvert un compte Orange Money. Un moyen d’opérer des transferts d’argent et d’avoir accès à des services financiers sur mobile pour effectuer des transactions instantanées, sécurisée. Ces paiements par smartphone qui simplifient la vie des Africains sans compte en banque.

Et si M. Richard a précisé voir une nouvelle fois des opportunités pour son entreprise « dans les télécoms à l’international, en particulier en Afrique », il a ajouté à sa liste de métiers « la cybersécurité, la transformation digitale des entreprises » ou même l’élargissement de la palette d’activités de l’entreprise vers « de nouveaux métiers, comme la santé, dans lesquels nous pourrions plus nous développer ».

Développement d’un pôle santé

« Orange Business Services a déjà développé un pôle santé. La crise a montré l’importance de la médecine à distance, un domaine promis à un développement rapide. Nous sommes prêts à étudier toutes les opportunités, que ce soient des rapprochements avec des acteurs de la santé ou des partenariats », a ajouté M. Richard. Le PDG a assuré ne pas vouloir aller « dans un nouveau pays européen par le biais d’une acquisition »« Nous sommes attentifs, en revanche, à ce qui se passe dans les pays où nous sommes déjà présents, notamment la Roumanie et l’Espagne ».

Interrogé sur l’absence de grosse acquisition menée par Orange dans les télécoms ces dernières années, il s’est dit « assez content »de ne pas avoir « lancé d’offensive sur Telecom Italia », affirmant que « le problème des grosses acquisitions, c’est que souvent, cela se termine par un gros désastre ».

« Orange va toutefois examiner activement les opportunités de croissance externe, petites ou transformatrices. Dans nos métiers, il y a une question de taille critique. Même les gros opérateurs européens sont des nains à l’échelle mondiale », a-t-il poursuivi.

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« On est passé en quelques années du Top 5 au Top 15 dans l’industrie mondiale. Si l’on reste comme ça, on jouera en deuxième division dans quelques années. Mais on ne fera d’opération que si cela apporte de la valeur à nos actionnaires », a indiqué le PDG, soulignant avoir en tête « plutôt un calendrier de quelques mois que de quelques années »pour passer à l’action.

Source: Le Monde Afrique/Mis en : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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