La Covid-19 impacte le fonctionnement des ONG nationales en Afrique

Au Sénégal, aucune organisation de la société civile n’est ainsi épargnée par les difficultés de financement de leurs activités. Les subventions venues de l’étranger ont fortement chuté ces derniers mois.

Des activités au ralenti ou aux arrêts, des financements bloqués ou réduits : au Sénégal, les organisations de la société civile sont dans la tourmente de la Covid-19.  

Cheikh Guèye, secrétaire général des Organisations non gouvernementales internationales basées au Sénégal (ONGIS), explique comment la pandémie a suscité des interrogations sur la poursuite de plusieurs projets au Sénégal. 

« Nous sommes dans une situation d’incertitude, un peu comme tous nos partenaires. Certains ont obtenu effectivement de nouveaux financements, ce qui leur a permis de conserver les anciens financements ou de les convertir en nouveaux tandis que d’autres sont restés comme avant, notamment pour les financements institutionnels. Pour les ONG internationales, il n’y a pas eu de pertes drastiques. Il y a juste des opportunités ratées du fait de l’évolution négative de la situation dans les pays qui nous finançaient. Globalement, on a pu négocier le prolongement de la durée de ces financements. Par contre, pour les organisations de la société civile au niveau national, il y a cette baisse d’opportunités. » 

Plus de 500 organisations de la société civile ont perdu leurs financements à cause de la Covid-19. Certaines ONG ont subi une réduction des coûts, d’autres ont annulé leurs activités ou gelé les embauches.  

Des aides soignants à l'hôpital de Pikine au Sénégal

Des aides soignants à l’hôpital de Pikine au Sénégal

Forte perturbation du travail des ONG

D’après une étude réalisée en avril et mai derniers par Epic-Africa et African NGOs, 98 % des organisations de la société civile opérationnelles en Afrique ont déclaré que la Covid-19 a impacté ou perturbé leurs opérations, explique Chakera Mcintosh chargée de communication à Epic-Africa. 

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« Le plus grand impact, c’est sur les bénéficiaires. C’est surtout cette grande réduction des interactions en face à face. 79% des organisations de la société civile ne pouvaient plus être en contact avec les bénéficiaires. Donc on voit vraiment des populations dans le besoin et des organisations de la société civile incapables de leur répondre en même temps. Personne n’était préparé à cela. Ce genre de choc, pour ces types d’organisations, peut très vite perturber les finances, surtout qu’on voit qu’il n’y en avait que 34 % qui avaient des réserves. Tout ce qu’on fait maintenant aura des répercussions plus tard. Certaines organisations de la société civile vont fermer leurs portes. »  

Selon le Secrétaire général des ONG internationales basées au Sénégal, Cheikh Guèye, également en service à Enda Tiers-Monde, les organisations de la société civile n’existent que par rapport aux financements internationaux qu’elles reçoivent. Elles n’ont ni légitimité ni reconnaissance internes en dehors de l’Etat.  

Quant aux entreprises privées, elles n’ont pas l’habitude de les financer. C’est un problème structurel caractéristiques de ce type d’organisation, a-t-il précisé.

Source : Deutsche Welle Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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