Internet en Afrique : Où et comment les gouvernements bloquent-ils les accès ?

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Pas de Facebook, Twitter ou WhatsApp.

Cette situation est de plus en plus fréquente dans certains pays africains, où les gouvernements ont parfois fermé ou restreint l’internet et l’accès aux plateformes de réseaux sociaux.

L’Ouganda est le dernier pays en date à le faire, à l’approche de son élection présidentielle du 14 janvier.

Les défenseurs des droits numériques affirment que c’est de la censure, mais les gouvernements soutiennent que cela contribue à maintenir la sécurité.

Comment fonctionne le blocage ?

Un gouvernement peut restreindre l’accès en ordonnant aux fournisseurs de services internet (ISP) de limiter l’accès à leurs abonnés.

Des électeurs font la queue dans un bureau de vote à Kampala, en Ouganda.
Légende image,Lors des élections présidentielles en Ouganda l’accès à Internet a été restreint

Dans un premier temps, il est probable que ce soit un blocage des sites de réseaux sociaux les plus utilisés.

Comme mesure plus extrême, les autorités peuvent ordonner aux fournisseurs de services de bloquer tout accès à Internet.

En Ouganda, par exemple, les utilisateurs en ligne ont d’abord déclaré avoir des difficultés à accéder à certaines applications et à certains sites.

Le gouvernement a ensuite ordonné aux fournisseurs de services de bloquer les plateformes de réseaux sociaux, puis leur a dit de bloquer toute la connectivité internet à la veille du jour des élections, le 14 janvier.

L’organisation de surveillance de l’internet Netblocks a signalé que la connectivité avait chuté de façon spectaculaire en Ouganda à la suite de cette décision.

Combien de pays ont bloqué l’accès ?

Les cas de fermeture d’Internet en Afrique sont en augmentation.

La Tanzanie a restreint l’accès à l’internet et aux applications de réseaux sociaux lors des élections d’octobre 2020.

En juin de la même année, l’Ethiopie a imposé une fermeture d’internet qui a duré près d’un mois après les troubles qui ont suivi le meurtre d’un chanteur et activiste oromo de premier plan, Hachalu Hundessa.

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Le Zimbabwe, le Togo, le Burundi, le Tchad, le Mali et la Guinée ont également restreint l’accès à l’internet ou aux applications de réseaux sociaux à un certain moment en 2020.

En 2019, il y a eu 25 cas documentés de fermetures partielles ou totales d’Internet, contre 20 en 2018 et 12 en 2017, selon Access Now, un groupe de surveillance indépendant.

Fermetures d'Internet en Afrique. .  Cela inclut des arrêts complets, la fermeture des réseaux sociaux et les  limitations de la bande passante..

Et le groupe affirme qu’en 2019, sept des 14 pays qui ont bloqué l’accès ne l’avaient pas fait au cours des deux années précédentes (il s’agit du Bénin, du Gabon, de l’Érythrée, du Liberia, du Malawi, de la Mauritanie et du Zimbabwe).

Cela s’inscrit dans une tendance mondiale, où de plus en plus de pays limitent l’accès à Internet.

Selon le groupe, en Afrique, la plupart des blocages ont tendance à affecter des pays entiers, par opposition à des régions ou des groupes de personnes spécifiques.

En 2019, 21 des 25 fermetures enregistrées par le groupe ont touché des pays entiers ou la plupart des régions des pays.

Seuls le Soudan et l’Éthiopie ont ciblé des fermetures.

‘Serveur introuvable’

Dans chaque pays, il appartient aux différents prestataires de services d’exécuter les instructions des autorités pour bloquer l’accès.

L’une des méthodes utilisées est connue sous le nom de blocage basé sur l’URL, qui est un filtre qui empêche l’accès à une liste de sites interdits.

Un utilisateur qui tente d’accéder à ces sites peut voir divers messages tels que « serveur introuvable » ou « ce site a été bloqué par l’administrateur du réseau ».

Manifestations au Zimbabwe
Légende image,L’accès à Internet a été étroitement contrôlé lors des manifestations au Zimbabwe

Une autre méthode est appelée « throttling ».

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Cette méthode limite fortement le trafic sur des sites spécifiques, donnant l’impression que le service est lent, décourageant ainsi l’accès.

Cette méthode est plus subtile, car il est difficile de savoir si les sites sont volontairement restreints ou si c’est la faute d’une mauvaise infrastructure du réseau.

Enfin, les entreprises de télécommunications peuvent être obligées de fermer complètement leurs services, empêchant ainsi tout accès.

Les prestataires de services peuvent-ils dire non ?

La capacité des gouvernements à censurer l’internet dépend de leur capacité à exercer un contrôle sur les entreprises de télécommunications.

Les fournisseurs d’accès à Internet sont agréés par les gouvernements, ce qui signifie qu’ils risquent des amendes ou la perte de leurs contrats.

Une jeune Kenyane utilisant un smartphone
Légende image,De plus en plus de personnes possèdent des smartphones dans les pays africains

Les opérateurs peuvent avoir le droit de faire appel devant les tribunaux, mais dans la pratique, ils le font rarement.

Toutefois, il y a eu des exceptions.

En 2019, les tribunaux du Zimbabwe se sont prononcés en faveur du rétablissement de l’accès à Internet après que le gouvernement ait ordonné des restrictions.

En réponse, le gouvernement a mis en place de nouvelles réglementations leur permettant de mieux contrôler l’internet.

Source: BBC Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

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