Imminente désignation par le président Saïed

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Les partis et blocs parlementaires ont présenté une vingtaine de candidats pour diriger le prochain gouvernement du président Saïed.

Le président Kaïs Saïed nommera dans les 48 heures le prochain chef de gouvernement en Tunisie. Une vingtaine de personnalités lui a été proposée par les partis. La Constitution stipule qu’il choisit celui qui serait en mesure de réunir une majorité derrière son équipe. Suspense.

Les partis et blocs parlementaires ont présenté une vingtaine de candidats pour diriger le prochain gouvernement au président Saïed. La Constitution délègue à ce dernier de nommer le chef de gouvernement  après l’échec de la personnalité nommée par le parti gagnant des législatives à obtenir la confiance de l’Assemblée. La désignation est imminente. Les ex-ministres Hakim Ben Hammouda, El Yes Fakhfakh, Fadhel Abdelkefi et Ridha Ben Mosbah émergent du lot.

Nominés

La majorité écrasante des partis a répondu, avant-hier, à la proposition de nomination, qui leur a été soumise par le président Saïed. Les réponses étaient soumises au bureau d’ordre de la présidence de la République, dans des correspondances écrites. Seul l’écrit reste. Le Président a voulu éviter tout quiproquo et s’est accordé trois jours de réflexion, afin de faire des concertations de rapprochement des points de vue et choisir la bonne personne. Quelques partis, comme Qalb Tounes, Ettayar, Tahya Tounes et Errahma, ont informé les médias sur leurs choix. D’autres ont maintenu le suspense, pour préserver une marge de manœuvre lors des dernières concertations.

Les premières annonces indiquent que les noms de Hakim Ben Hammouda, El Yes Fakhfakh, Fadhel Abdelkefi et Ridha Ben Mosbah ont été les plus cités. L’économiste Ben Hamouda a été cité par presque tout le camp qui a déposé Habib Jamli le vendredi 10 janvier à l’Assemblée, à savoir les partis Qalb Tounes (38), Echaab (16), Tahya Tounes (14) et les blocs parlementaires El Islah (15) et Al Mostaqbal (9).

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Seul Ettayar (22) ne l’a pas cité, alors que le parti Destourien libre (16) n’a pas soumis de proposition. Fadhel Abdelkefi a été, quant à lui, nominé par Ennahdha (54), Qalb Tounes et le bloc El Islah. El Yes Fakhfakh a été nominé par Tahya Tounes et Ettayar, alors que Ridha Ben Mosbah a été cité par Tahya Tounes et El Islah. Les quatre peuvent fédérer autour d’eux.

Le rôle du président de la République, c’est de synthétiser les choix, en nominant une personnalité en mesure de satisfaire la majorité de l’Assemblée, soit un minimum de 109 députés. Le Président est en mesure d’écarter une personnalité qu’il juge inadaptée aux normes de cette étape révolutionnaire. A ce titre, les échos indiquent que le président Saïed ne serait pas chaud à la nomination de Fadhel Abdelkefi, bien qu’il ait été cité par Ennahdha et Qalb Tounes. L’ex-ministre a été mêlé à des affaires avec le contentieux de l’Etat et le Président préférerait des personnalités sans aucun soupçon.

Avantages

Parmi les trois restants les plus nominés, Ridha Ben Mosbah traîne le handicap d’avoir travaillé dans les hautes sphères de l’administration sous Ben Ali. Un tel critère serait éliminatoire, à égalité de chances. Restent Hakim Ben Hammouda et El Yes Fakhfakh. Les deux ont travaillé dans les gouvernements d’après 2011. Ils sont donc tolérés par Ennahdha. Les islamistes n’ont pas opposé de veto à la nomination de Ben Hammouda à la tête d’un super ministère de l’Economie et des Finances, dans le gouvernement de Mehdi Jomaa en 2014. El Yes Fakhfakh était ministre des Finances dans les gouvernements de la troïka, dirigés par Ennahdha.

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Maintenant, il est vrai que les islamistes n’ont pas nominé ces deux ex-ministres. Mais, cette «omission» entre dans les règles du jeu. Ennahdha a nominé les siens (Boutheina Ben Yaghlane, Taoufik Rajhi et Anouar Maaref), histoire de parler de concession, une fois aucun d’eux n’est retenu, ce qui est fort probable. Ennahdha a également nominé Fadhel Abdelkefi, en clin d’œil à Qalb Tounes et Nabil Karoui. Ces derniers ont présenté Abdelkefi comme leur chef de gouvernement, s’ils gagnent les élections.

Les noms cités par les islamistes font partie de la manœuvre. Pour Ennahdha et Ghannouchi, les véritables tractations auront lieu ce week-end, et les quatre noms servent juste pour les surenchères. C’est au président Saïed de démêler cet embrouillage dans les prochaines 48 heures. S’il ne présente pas la bonne personne, capable d’obtenir la majorité pour son gouvernement, la Tunisie ira vers l’incertitude, voire des élections législatives anticipées.

La Constitution est floue là-dessus ; elle dit que le président de la République peut dissoudre l’Assemblée. Elle ne dit pas ce qui se passerait si Kaïs Saïed ne dissout pas l’Assemblée. Le Président a certes assuré qu’il respecterait la volonté populaire. Mais, tout dépendra du profil de la personnalité qu’il va nommer. La balle est dans son camp.

Source: El Watan/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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