Guinée : le président Alpha Condé visé par une plainte pour corruption en France

Alpha Conde

Le dossier se trouve sur le bureau du Parquet national financier à Paris. Dans le collimateur des plaignants, une opération minière menée par un opérateur français.

Un collectif d’opposants guinéens a confirmé avoir déposé plainte ce mardi 4 août dans la matinée devant le Parquet national financier (PNF) à Paris, en France, contre le président Alpha Condé et plusieurs proches pour corruption, trafic d’influence et blanchiment de corruption. L’information a été confirmée par Jean-Baptiste Soufron, l’avocat du Collectif pour la transition en Guinée (CTG) lors d’une conférence de presse. Avec cette action judiciaire lancée, l’opposition entend ouvrir un nouveau front contre le régime de Conakry et s’attaquer ainsi à la corruption, considérée comme le talon d’Achille de la gouvernance Condé.

Après avoir obtenu en 2017 un permis près de Boké (Ouest), l’AMR avait cédé le gisement à un consortium franco-sino-singapourien pour un montant de 171 millions d’euros, selon les plaignants. « Cette société aurait permis à ses actionnaires et investisseurs de réaliser de très importantes plus-values, le tout à un prix qui n’a, semble-t-il, pas de lien avec la réalité de la situation de cette mine sur le terrain », a précisé Me Soufron. « Certains membres du gouvernement étaient proches des actionnaires de cette société. Il est possible que des membres de cette société aient été impliqués dans des actions potentielles de corruption dès 2015 avec le fils de M. Condé », a-t-il ajouté.

En 2015, le PNF avait ouvert une enquête sur le financement du train de vie de Mohamed Condé lors de ses passages à Paris. Sollicité par l’AFP, le gouvernement guinéen n’a pas souhaité réagir. « Ce n’est que de la pure calomnie, mais en cas de diffamation nous allons saisir nos avocats », a toutefois déclaré un responsable de la présidence. « À l’approche de chaque échéance importante, comme ces élections présidentielles, nous sommes victimes de chantage », a ajouté cette même source citée par l’AFP.

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L’opposition sur tous les fronts

Le parti au pouvoir en Guinée doit choisir son candidat pour la présidentielle d’octobre lors d’une convention les 5 et 6 août. Alpha Condé, 82 ans, continue à entretenir l’ambiguïté sur ses intentions. Persuadée qu’il briguera sa propre succession, l’opposition organise depuis octobre des manifestations souvent violemment réprimées, contre un éventuel 3e mandat de Condé. « C’est le meilleur moment pour espérer que les populations se réveillent et découvrent la réalité des pratiques financières de ce régime », a expliqué mardi Ibrahim Sorel Keita, porte-parole du CTG.

La semaine dernière, une autre plainte avait été déposée en France par l’association anticorruption Sherpa contre un proche d’Alpha Condé. Elle vise notamment des faits de « corruption » et de « trafic d’influence » et porte sur le versement par le groupe minier anglo-australien Rio Tinto d’une commission de 10,5 millions de dollars à un consultant pour la conclusion d’un accord sur un projet minier. Ce consultant, ex-banquier d’affaires français, était alors également un conseiller du président Condé, avait révélé en 2016 le site d’informations en ligne Mediapart.

Source : Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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