GABON: Rose Christiane Ossouka Raponda, une femme pour redresser la barque

Économiste de formation, la nouvelle première ministre a également officié au Budget et à la Défense. Rose Christine Ossouka Raponda est nommée alors que le pays est miné par la corruption et que le plan de riposte face au Covid-19 dandine. Une mission qui s’annonce difficile d’autant que les rumeurs les plus folles sur la santé du président affolent les gabonais depuis qu’une rencontre entre Faure Gnassingbe (Togo) et Ali Bongo a été annulée in extrémis cette semaine.

Le président du Gabon Ali Bongo Ondimba a nommé, ce jeudi 16 juillet, première ministre Rose Christiane Ossouka Raponda, première femme à diriger un gouvernement dans ce pays d’Afrique centrale, a annoncé la présidence. Ministre de la Défense depuis 19 mois, Mme Ossouka Raponda, 56 ans, remplace Julien Nkoghe Bekalé, qui dirigeait le gouvernement depuis janvier 2019. «Par décret du Président de la République, est nommé premier ministre, chef du gouvernement, Madame Rose Christiane Ossouka Raponda», a annoncé la présidence dans un communiqué. M. Bongo l’a chargée «de former le nouveau gouvernement», ajoute le texte. Ce remaniement intervient alors que l’opposition et des personnalités de la société civile s’interrogent à nouveau publiquement sur l’état de santé de M. Bongo, élu à la tête du Gabon il y a près de 11 ans en succédant à son père, Omar Bongo Ondimba, mais affaibli physiquement par un AVC qui l’a frappé en octobre 2018.

Une vaste campagne anti-corruption

Lundi, le chef de l’État, après quelques semaines d’absence dans les médias, est réapparu sur des photos et des vidéos diffusées lundi par les médias officiels ou proches du pouvoir, présidant une réunion des chefs des différents corps de l’armée et de la police. «Première femme à occuper la tête du gouvernement gabonais», Mme Ossouka Raponda, «économiste de formation, est diplômée de l’Institut gabonais de l’économie et des finances avec une spécialisation en finances publiques», précise le cabinet du chef de l’État dans un autre communiqué. Cette technocrate est nommée huit mois après le lancement par le pouvoir gabonais d’une vaste opération anti-corruption baptisée Scorpion. Elle a abouti à l’incarcération de celui qui était considéré, depuis l’AVC de M. Bongo, comme l’homme fort du pays, son directeur de cabinet alors Brice Laccruche Alihanga et d’une vingtaine de ses proches dont quatre anciens ministres.

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Et surtout, ce remaniement intervient 19 mois après une tentative rocambolesque de coup d’État le 7 janvier 2019, à la suite duquel M. Nkoghe Bekalé avait été nommé Premier ministre et Mme Ossouka Raponda ministre de la Défense. Cette dernière avait été également la première femme élue maire de la capitale Libreville en 2014, avec l’étiquette du parti présidentiel, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), après avoir été ministre du Budget depuis 2012. Elle aura pour «mission», entre autres, «d’assurer la relance économique et l’accompagnement social nécessaires en raison de la crise mondiale liée à la covid-19», conclut le communiqué du cabinet de la présidence.

Afrika Stratégies France, avec l’Afp

Tribune d'Afrique

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