Éthiopie: la tension monte entre Addis-Abeba et la région du Tigré

Ethiopie

La situation politique est toujours tendue en Éthiopie, cette fois dans la région du Tigré, dans le nord du pays. Les autorités régionales insistent sur le fait d’organiser les élections générales en septembre dans la province, sans tenir compte du report officiel décidé par les autorités fédérales pour cause de Covid-19. Une décision fermement dénoncée par Addis-Abeba, qui ne cesse de mettre le Tigré en garde contre son insubordination.

Cette semaine, le président de la région a estimé que « le conflit était arrivé à son point extrême ». Debretsion Ghebremichael n’est pas seulement le président de l’exécutif régional du Tigré. Il est aussi le chef du Front de libération du peuple du Tigré, le parti qui a gouverné l’Éthiopie sans grand partage à partir de 1991, avant d’être évincé du pouvoir en 2018.

Dans un discours télévisé le week-end dernier, il a mis en garde. Les Tigréens doivent être « en alerte haute », selon lui, face à un gouvernement dont le projet « est de démanteler l’ordre fédéral ». Il veut donc préparer les esprits à la possibilité d’une « guerre », dénonçant notamment les amalgames abusifs de Tigréens avec les assassins du chanteur Hachalu Hundessa.

« Situation dangereuse »

« La situation est volatile et dangereuse, dit William Davison, de l’International Crisis Group. Il semble que le dialogue soit nécessaire pour éviter une confrontation, mais à ce stade aucune des deux parties ne semble désireuse d’ouvrir des discussions. »

L’élection générale, reportée dans le reste du pays, se tiendra donc bel et bien dans le Tigré en septembre, sous la supervision d’une commission électorale spécialement désignée. Et sans la participation de l’opposition tigréenne modérée, qui juge que les conditions de sérénité ne sont pas réunies.

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Source: Rfi Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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