Crise libyenne : Haftar essuie des tirs de sommation américains

Les Etats-Unis apprécient peut-être le maréchal Khalifa Haftar pour son engagement dans la lutte contre le terrorisme, mais ils ne le soutiennent pas dans son offensive contre Tripoli.

Plusieurs sources médiatiques américaines rapportent que Washington a appelé, il y a dix jours, le commandant de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) à mettre fin à son attaque.

Ce sec rappel à l’ordre intervient après une visite à Washington d’une délégation du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale qui a mené un intense travail de lobbying.

Par la même occasion, les Etats-Unis ont dénoncé les soutiens militaires de l’ancien bras droit de Mouammar El Gueddafi, parmi lesquels l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et la Russie.

Ces pays, auxquels il faut ajouter la Turquie, sont accusés de mener en Libye une guerre par procuration. Une guerre qui a déjà fait, selon l’ONU, plus de 1000 morts et 120 000 déplacés depuis avril. Selon des spécialistes de la Libye, la tentative de Khalifa Haftar de prendre Tripoli par la force profite aux groupes terroristes locaux. L’offensive de l’ANL leur a permis de desserrer l’étau et de se redéployer.

Une délégation américaine a particulièrement critiqué, lors d’une rencontre avec le maréchal Khalifa Haftar le 24 novembre 2019, destinée à échanger sur «les mesures à prendre pour parvenir à une suspension des hostilités et à un règlement politique du conflit», l’«exploitation» par la Russie du conflit qui déchire la Libye. «Les responsables ont souligné que les Etats-Unis soutenaient pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye», a fait savoir en outre le département d’Etat.

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La Russie est soupçonnée de soutenir les forces antigouvernementales du maréchal Khalifa Haftar. Le chef de l’ANL a effectué plusieurs voyages en Russie.

Des responsables américains ont confié à CNN que des centaines de mercenaires russes du groupe Wagner avaient été envoyés en Libye pour épauler Khalifa Haftar dans son offensive sur Tripoli. Selon Washington, la Russie a déployé également des troupes en uniforme, ce que Moscou dément.
La rencontre entre la délégation américaine et Khalifa Haftar a inclus par ailleurs des discussions sur «les efforts qui doivent être déployés pour s’attaquer aux milices et aux éléments extrémistes, ainsi que la répartition des ressources afin qu’elles profitent à tous les Libyens».

Sur un autre plan, l’ambassade américaine en Libye a indiqué, mardi, que la poursuite des combats autour de Tripoli et «l’ingérence croissante des forces étrangères et des mercenaires ont accru le danger sur l’aviation civile dans l’espace aérien libyen».

La même source a fait savoir à ce propos que «l’Administration fédérale américaine de l’aviation a interdit, samedi dernier, toutes les opérations de l’aviation civile américaine sur le territoire et l’espace aérien de la Libye», soulignant «l’existence d’un risque indéniable sur les opérations de l’aviation civile». «L’aéroport de Mitiga à Tripoli est toujours fermé et les restrictions sur les trafics commerciaux à destination ou via la Libye par l’espace aérien sont maintenues en raison du conflit civil», explique l’ambassade américaine en Libye dans un communiqué.

La décision de l’Administration américaine de l’aviation a intervient quelques jours après la destruction par l’ANL d’un drone américain. Benghazi a déclaré que le drone avait été confondu avec un drone turc déployé par le GNA à Tripoli.

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Source: El Watan/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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