COTE D’IVOIRE : Un weekend des grandes foules pour KKB dans le centre et le nord

Kkb tente de s’imposer dans le centre du pays sans lâcher le nord…

Béoumi, Bouaké, Korhogo, Boundiali, Odiénné… le seul candidat en campagne face à Alassane Ouattara veut faire du centre son bastion sans lâcher le nord, fief traditionnel du président sortant. Celui qui dit entendre Félix Houphouët-Boigny dans chacun de ses sommeils insister sur la paix, résiste aux pressions pour boycotter et veut donner aux populations la chance d’une alternative face aux « dinosaures » dont il combat « les méthodes et l’âge des idées ».

Samedi en fin de journée, il est à Bouaké. Des milliers de personnes se sont mobilisées pour l’accueillir et l’écouter. Alors qu’il est devenu, par la force des choses l’unique candidat en campagne face à Alassane Ouattara, il a su transformer la situation à son avantage multipliant anecdotes suscitant applaudissements et cris de joie. Porteur d’un message plutôt centristes, ce candidat qui a déjà brigué la magistrature suprême en 2015 aura semé, tout au long de ses nombreux déplacements « des graines de paix« . Plus qu’utiles dans une élection où les tensions et passions se déchaînent de part et d’autres.

Le centre, sa base…

« Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié nous ont pris en otage pendant 30 ans » lance Kouadio Konan Bertin (Kkb). Pour le seul candidat en campagne face au président sortant, « ça suffit ! ». S’il fut, pendant longtemps, député de la commune de Port-Bouêt, c’est le centre du pays, sa région d’origine qui lui sert de base. Plusieurs semaines avant la campagne déjà, le candidat a maillé Yamoussoukro et les localités environnantes. Depuis ce weekend, il a pris d’assaut le grand nord. Korhogo où, à la surprise générale, il a drainé des foules partout puis il descend vers le sud par les grandes villes de l’est notamment Bondoukou (400 Km de la capitale économique) et Abengourou (210 km d’Abidjan) qui figurent à son programme de lundi. Il finira sa campagne en grande pompe, jeudi, au cœur d’Abidjan. Entre temps le mercredi en fin de journée, à 21h55, le candidat passera dans l’émission Face aux électeurs.

Message de désescalade

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Son vademecum ? La paix, il y tient. « Houphouêt-Boigny ne nous a appris que cela » répète-t-il, « c’est pourquoi j’ai souffert de ce que la Côte d’Ivoire ait connu la guerre, il y a dix ans » regrette celui qui, à Bouaké, se sent comme un poisson dans l’eau. Pour lui, la réussite est liée à la paix. « Donc, préparons la paix » insiste-t-il. Un autre thème de sa campagne, ce qu’on appelle à Abidjan « la dioulatisation », une forme de népotisme tribaliste dont est accusé le pouvoir actuel, par la plupart de ses opposants et détracteurs. Pour Kouadio Konan Bertin, tous les ivoiriens doivent profiter des chances de la République quelque soit leur ethnie. « Si vous votez pour moi et que derrière moi demain, vous ne trouvez que des Kouadio, Kouassi, Koffi, seriez-vous contents ? » demande-t-il aux populations sous leurs applaudissements. « On doit mettre fin au tribalisme » clame celui qui pense que, quelque soit l’ethnie bénéficiaire, le régionalisme est un fléau. Profitant de la forte écoute de son auditoire, il passe du français au baoulé, sa langue natale et esquisse quelques mots en dioula, dominante dialecte du septentrion. A 52 ans, le germanophile veut être un facteur de rassemblement et a déjà promis faire un « gouvernement multicolore » dans lequel tous les ivoiriens se reconnaissent.

Ses chances

Ses 3,8% de 2015 ? « Bien lointain souvenir » selon Théodore Konimi, son directeur de cabinet. Ce docteur en stylistique et de rhétorique veut se tourner vers la présidentielle imminente et n’a plus de doute sur l’exploit que fera, le 31 octobre, son mentor.  D’ailleurs, le candidat qui n’a pas contesté les chiffres en son temps les qualifie, à loisir, de « attribués » insinuant mériter mieux. Alassane Ouattara qui est, à 78 ans, candidat à sa propre succession est largement favori mais cela ne décourage pas Kkb. L’ex député qui se définit comme le candidat de la jeunesse ne doute de sa victoire prochaine. Une chose est certaine, le boycott des deux autres candidats de l’opposition, Henri Konan Bédié et Pascal Affi Nguessan lui profitera largement pour faire une percée face au président sortant. « Pas une percée » selon le candidat qui parle de sa « victoire prochaine ».  Kouadio Konan Bertin ne trouve pas une issue autre que de gagner, « le prochain président de la Côte d’Ivoire, c’est moi » s’époumone celui qui, après Korhogo, mène campagne en descendant vers le littoral.

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