Coronavirus : les Sud-Africains privés d’alcool et sommés de se masquer pour lutter contre la deuxième vague

Un brasseur à Soweto, en Afrique du Sud, en février 2018. James Oatway / REUTERS

Le président Cyril Ramaphosa a annoncé de nouvelles restrictions alors que le pays vient de dépasser le million de contaminations.

La vente d’alcool est interdite et le port du masque désormais obligatoire partout en Afrique du Sud, a annoncé, lundi 28 janvier au soir, le président Cyril Ramaphosa, alors que le pays vient de dépasser le million de cas de contaminations au coronavirus. Le couvre-feu est également élargi : il débute désormais à 21 heures au lieu de 23 heures, et dure jusqu’à 6 heures du matin. « Personne ne sera autorisé à être en dehors de son domicile, sauf les personnels de santé » pendant ces heures de la nuit, a précisé M. Ramaphosa lors d’un discours télévisé au ton solennel.

Bars et restaurants ne fermeront pas complètement, le président a insisté sur la nécessité de préserver autant que possible une économie déjà très fragilisée lors de la première vague. Mais ces commerces vivront des soirées écourtées, mettant clients et personnel dehors dès 20 heures, afin de respecter le nouvel horaire de couvre-feu.

La vitesse des contaminations est « particulièrement alarmante », a insisté le président, dénonçant « un manque extrême de vigilance parmi nous » pendant les fêtes. « Nous avons baissé la garde, nous en payons désormais le prix », a-t-il déclaré, listant les fêtes de fin d’année scolaire – c’est l’été en Afrique du Sud –, les retrouvailles en famille pour Noël, les concerts et services religieux, des événements qualifiés de « super contaminants ».

Pendant quatorze jours, tous les rassemblements nombreux, à l’extérieur comme à l’intérieur, sont interdits, sauf les enterrements limités à 50 personnes et quelques exceptions qui seront détaillées plus tard.

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Alcool et « comportements à risque »

L’interdiction de la vente d’alcool – au moins jusqu’au 15 janvier – vise à réduire le nombre d’admissions à l’hôpital liées à des accidents de la route ou à des violences, notamment familiales, générées par un excès de consommation. L’alcool entraîne « des comportements à risque » et « chaque détente dans nos restrictions » s’est traduite par « un nombre accru » d’hospitalisations, a-t-il relevé. Dès mars, la vente d’alcool avait été interdite, puis réglementée à divers degrés. Jusqu’à l’annonce du président, il était possible d’acheter de l’alcool seulement entre lundi et jeudi dans la journée.

« Blessures par balles, accidents de la route et autres accidents ajoutent inutilement de la pression » sur un personnel soignant et des infrastructures proches de leur limite en termes d’accueil et débordées dans plusieurs provinces. « Les soignants sont épuisés » et plus de 41 000 d’entre eux ont été contaminés depuis le début de la pandémie en mars, a-t-il aussi précisé.

Le pays n’est « pas encore arrivé au pic » de cette deuxième vague avec déjà trois jours records la semaine dernière à plus de 14 000 nouveaux cas positifs quotidiens. « A moins que nous n’agissions maintenant, et de manière décisive, les nouvelles contaminations vont largement excéder » celles de la première vague de la pandémie, a encore mis en garde M. Ramaphosa.

L’Afrique du Sud est devenu dimanche le premier pays africain à dépasser le million de contaminations. Alors qu’une variante plus transmissible du coronavirus est responsable d’une grande majorité des nouveaux cas, le pays de près de 59 millions d’habitants a officiellement comptabilisé 1 004 413 cas positifs et 26 735 morts dues au Covid-19.

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Source : Le Monde Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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