Au Mozambique, une attaque djihadiste près d’installations gazières

Soldiers from the Mozambican army patrol the streets after security in the area was increased, following a two-day attack from suspected islamists in October last year, on March 7, 2018 in Mocimboa da Praia, Mozambique. / AFP PHOTO / ADRIEN BARBIER

Ce nouvel assaut nourrit les inquiétudes des investisseurs étrangers, parmi lesquels le français Total, l’américain Exxon ou l’italien Eni.

Des combattants djihadistes ont attaqué lundi soir 7 décembre un village du nord du Mozambique à proximité d’installations gazières stratégiques, a appris l’AFP auprès de sources militaires dans la région. Il s’agit du village de Mute, situé seulement à une vingtaine de kilomètres de la péninsule d’Afungi, centre névralgique d’un projet qui représente l’un des plus gros investissements en Afrique et auquel participe notamment le groupe français Total.

Les djihadistes visaient un déploiement de militaires dans ce village au sud du port de Palma. Les violences se sont prolongées pendant la nuit, les djihadistes mettant le feu à des dizaines de maisons de villageois, selon un modus operandi bien connu dans la région aux prises avec cette insurrection depuis 2017.

« Après l’attaque des terroristes contre notre position, des renforts ont été envoyés pour les repousser », selon une source militaire à Palma qui a requis l’anonymat, précisant que les affrontements se poursuivaient mardi.

Des attaques qui montent en puissance

Mute a longtemps servi de zone tampon entre les installations de gaz naturel et le port stratégique pour l’acheminement des infrastructures, Mocimboa da Praia, contrôlé par les djihadistes depuis août.

Cette récente attaque nourrit les inquiétudes des investisseurs étrangers en vue de l’exploration gazière, parmi lesquels Total, mais aussi l’américain Exxon et l’italien Eni, selon ce responsable militaire.

Selon une autre source militaire, des renforts aériens de la société de sécurité privée sud-africaine Dyck Advisory Group ont été déployés depuis Pemba, la capitale de la province de Cabo Delgado, pour aider les militaires à reprendre Mute.

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Le gouvernement, régulièrement interrogé sur ces attaques djihadistes, ne les commente généralement pas. Et un porte-parole de la police dans la province n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. Les attaques de djihadistes montent en puissance dans cette province frontalière avec la Tanzanie ces derniers mois. Elles ont déjà fait plus de 500 000 déplacés, selon les derniers chiffres gouvernementaux.

Source : Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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