Au Maroc, 110 journalistes se mobilisent contre les « médias de diffamation »

Dans un manifeste, ils appellent notamment le Conseil national de la presse à prendre des « sanctions disciplinaires » contre ceux qui violent le code de déontologie.

Un groupe de 110 journalistes professionnels a appelé, jeudi 16 juillet, les autorités marocaines à prendre des mesures contre les « médias de diffamation » qui calomnient impunément des « voix critiques » comme le journaliste Omar Radi, au cœur d’une double affaire d’espionnage.

« A chaque fois que les autorités ont poursuivi une voix critique, certains sites et journaux se sont empressés d’écrire des articles diffamatoires, sans aucune éthique professionnelle, voire enfreignant les lois organisant la presse au Maroc », souligne un manifeste adressé au ministère de la communication et à différentes instances officielles.

Le manifeste appelle notamment le Conseil national de la presse à prendre des « sanctions disciplinaires » contre ceux qui violent le code de déontologie. Le texte cite notamment les récentes attaques qu’a subies Omar Radi, un journaliste et militant des droits humains, visé par une enquête judiciaire pour « perception de financements étrangers de la part d’organismes de renseignement », ouverte fin juin au lendemain de la publication d’un rapport d’Amnesty International selon lequel son téléphone était espionné via un logiciel de piratage utilisé par les autorités marocaines.

Plusieurs articles virulents

Le manifeste des journalistes évoque aussi le cas de Soulaimane Raissouni, directeur de publication du journal Akhbar Al-Yaoum, en détention provisoire depuis fin mai après une accusation d’agression sexuelle. Les deux hommes ont fait l’objet de plusieurs articles virulents dans des médias connus pour leur proximité avec le pouvoir et pour leur ton très agressif.

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Omar Radi a été entendu cinq fois par la police judiciaire, sans inculpation formelle pour l’instant, et doit se rendre à une nouvelle convocation vendredi. L’audition de Soulaimane Raissouni par un juge est prévue le 20 juillet. L’affaire du logiciel espion a également donné lieu à de violentes attaques contre Amnesty International dans différents médias et sites en ligne marocains.

Face aux critiques, les autorités marocaines mettent en avant « plus de deux décennies d’acquis en matière de droits de l’homme » et de « consolidation de bonnes pratiques », en assurant que « le Maroc n’a pas de problème avec la liberté d’expression », comme l’a dit récemment le ministre des affaires étrangères, Nasser Bourita, dans un entretien avec le journal suisse la Tribune de Genève.

Source: Le Monde Afrique /Mis en ligne : Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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