Angola – Isabel dos Santos : la justice portugaise s’en mêle

Isabel dos Santos

Les problèmes de la femme d’affaires avec la justice angolaise n’ont pas laissé le Portugal indifférent. Une enquête pour blanchiment d’argent est ouverte.

C’est une plainte déposée par l’eurodéputée socialiste portugaise Ana Gomes pour blanchiment d’argent auprès du procureur général du Portugal et visant les opérations financières de la femme d’affaires angolaise Isabel dos Santos qui a déclenché un nouvel emballement judiciaire contre cette dernière. La justice portugaise a annoncé vendredi 10 janvier avoir ouvert une enquête visant la fille de l’ex-président angolais.

Enquête sur la provenance des biens et avoirs détenus au Portugal

Le parquet général de la République a confirmé à l’AFP avoir reçu une plainte de l’ex-parlementaire socialiste Ana Gomes. « Celle-ci a été transmise pour enquête » au département du ministère public chargé de la grande criminalité financière. L’hebdomadaire Jornal Economico a rapporté vendredi que l’eurodéputée Gomes avait transmis en novembre au parquet et aux autorités fiscales des « éléments » qui, selon elle, jettent le doute sur l’origine des fonds investis au Portugal par Isabel dos Santos.

L’étau se resserre en Angola

Le mois dernier, un tribunal angolais a annoncé le gel des comptes bancaires et des actifs de la milliardaire, incarnation du népotisme reproché à son père, l’ex-président José Eduardo dos Santos, pendant ses trente-huit ans de règne sur le pays (1979-2017), ancienne colonie du Portugal. Selon le parquet général angolais, Isabel dos Santos et son mari d’origine congolaise, Sindika Dokolo, sont soupçonnés d’avoir détourné un milliard de dollars des groupes publics Sonangol (pétrole) et Sodiam (diamants) au profit de leurs affaires privées. Nommée « première femme milliardaire d’Afrique » en 2013 par le magazine américain Forbes, Isabel dos Santos détient d’importants actifs au Portugal, dans les télécoms et dans le secteur financier. La semaine dernière, la Banque du Portugal avait déjà fait savoir qu’elle s’intéresserait à tout « fait nouveau » que pourrait dévoiler la justice angolaise et qui serait susceptible de mettre en cause son éligibilité en tant qu’actionnaire de la banque EuroBic.

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Source: Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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