Afrique du Sud : comment l’ANC a repris le pouvoir à Johannesburg

Après la démission du maire étiqueté « Alliance démocratique », c’est l’ANC qui remporte la mairie de Johannesburg. Un poste stratégique pour le parti au pouvoir.

C’est une lourde perte pour l’opposition sud-africaine. Geoff Makhubo, le candidat du Congrès national africain (ANC), a décroché le poste de maire de Johannesburg lors d’une élection partielle. Mercredi, le candidat du parti au pouvoir a obtenu 137 voix, contre 101 pour le candidat de la l’Alliance démocratique (DA) et 30 pour celui des Combattants pour la liberté économique (EFF) lors d’une réunion du conseil municipal. La ville de Johannesburg se retrouve « de nouveau entre les mains de Geoff Makhubo et des pilleurs professionnels de l’ANC », a réagi la DA, en référence aux soupçons de corruption qui planent sur le nouveau maire, un homme d’affaires. « Il a récemment été impliqué dans des allégations de corruption, notamment dans le cadre d’un contrat de 30 millions de rands entre la ville de Johannesburg et Regiment Capital, une société liée à Gupta », fait savoir le journal sud-africain Times Live.

L’ANC, par la voix de son porte-parole Pula Mabe, a rétorqué, quant à lui, que Geoff Makhubo n’avait « jamais été reconnu coupable ». Sa victoire intervient après la démission en octobre de l’ancien maire Herman Mashaba, de l’Alliance démocratique (DA). Devenu en 2016 le premier maire de la mégapole à ne pas être membre de l’ANC, le politicien avait quitté le parti en octobre, lui reprochant son approche de la question raciale, toujours très controversée dans le pays.

La DA en crise

La perte de la mairie de Johannesburg est une nouvelle illustration de la crise politique dans laquelle s’est enfoncée la DA depuis quelques temps. Car, peu à peu, le principal parti d’opposition perd de son influence. En mai, lors des élections générales, il obtient 20,6 % des voix du scrutin législatif, un score décevant pour le premier parti d’opposition du pays. À l’issue du scrutin, la DA perd plusieurs mairies, dont celles de Port Elizabeth, dans le Sud-Est. Des échecs qui finissent par faire voler en éclats la coalition qu’elle formait avec l’EFF de Julius Malema. Mercredi, le parti de gauche radicale a d’ailleurs présenté mercredi son propre candidat, anéantissant les derniers espoirs de la DA de conserver le poste de maire.

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La démission, fin octobre, du patron de la DA Mmusi Maimane, premier chef noir de l’opposition sud-africaine est un autre signe de la crise que traverse le parti actuellement. Il a été remplacé par John Steenhuisen, un Blanc de 43 ans, qui assure actuellement l’intérim de la formation politique, considéré par une large partie de la population comme un parti de Blancs.

Source: Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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