Washington pourrait retirer Khartoum de la «liste noire»

Abdallah-Hamdok

Le Soudan a affiché sa satisfaction de voir les Etats-Unis prêts à le retirer de la liste noire des Etats soutenant le terrorisme et s’est déclaré disposé à agir pour aboutir à ce retrait, a indiqué le gouvernement de transition, cité par des médias.

Dans un communiqué rendu public samedi, le gouvernement de transition a déclaré «accueillir favorablement les propos de M. Pompeo, chef de la diplomatie américaine, et s’engage à faire ce qui est de son ressort pour répondre aux exigences de l’administration américaine, afin qu’elle agisse positivement sur ce dossier».

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a estimé, jeudi lors d’une audition parlementaire, que le retrait du Soudan de la liste noire des Etats soutenant le terrorisme serait «une bonne chose».

Et d’ajouter : «C’est une opportunité qui ne se présente pas souvent. Nous connaissons tous l’histoire du Soudan et les tragédies qui l’ont secoué. Il y a une chance non seulement pour une démocratie d’émerger, mais peut-être pour des opportunités régionales qui pourraient en découler.»

Le gouvernement soudanais a affirmé «être prêt à continuer à travailler avec l’administration américaine, afin de favoriser un climat qui aidera à retirer le nom du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme et à entrer dans en partenariat (avec les Etats-Unis) qui bénéficiera aux deux pays».

Les Etats-Unis sont en négociations avec le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, pour sortir son pays de cette liste américaine qui est un frein aux investissements.

Un des derniers points qui restent à résoudre a trait à l’indemnisation des familles américaines de deux attentats perpétrés en 1998 contre des ambassades des Etats-Unis en Afrique (Kenya et Tanzanie), revendiqués par l’organisation djihadiste Al Qaîda.

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Les Etats-Unis ont accusé alors le Soudan d’avoir soutenu les responsables des attaques et exigé des compensations pour les familles des victimes américaines, qui sont aujourd’hui un préalable au retrait du pays de la liste noire. Le chef de la diplomatie américaine l’a réitéré lors de sa déclaration de jeudi : «Je pense que lever l’accusation d’Etat soutenant le terrorisme, si nous y arrivons, si nous pouvons nous occuper des victimes de ces tragédies, serait une bonne chose pour la politique étrangère américaine.»

Sur ce point, le communiqué du gouvernement soudanais a rappelé que le Premier ministre s’est engagé «à poursuivre ses efforts (…) pour clore ce dossier». à petits pas

Les relations entre Washington et Khartoum s’étaient détériorées peu après l’arrivée au pouvoir d’El Béchir, lors d’un coup d’Etat soutenu par des islamistes en 1989.

Outre le placement du Soudan sur leur liste noire, les Etats-Unis ont imposé un embargo économique au pays à partir de 1997 sur des accusations de soutien à des groupes extrémistes islamistes.

Pour se rapprocher des Etats-unis, El Béchir a engagé son pays dans la coalition militaire saoudienne menée contre les forces houthistes au Yémen en mars 2015, rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en janvier 2016.

En 2017, Washington a levé partiellement ses sanctions en vigueur depuis 1993. Le nouveau gouvernement est engagé sur plusieurs fronts : réformes démocratiques, tentative de paix avec différents groupes rebelles, mais aussi relance de l’économie.

Une des priorités des nouvelles autorités de Khartoum consiste en le réchauffement des relations avec Washington. De son côté, le gouvernement américain s’est dit prêt à envisager de tourner cette page de tension entre les deux pays, si des progrès suffisants seraient réalisés au Soudan, tout en soulignant que le processus prendrait un certain temps.

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Début décembre 2019, le Premier ministre de transition, Abdallah Hamdok, a effectué une visite à Washington pour plaider la fin des sanctions américaines pour «soutien au terrorisme».

En février dernier, le Soudan a annoncé avoir signé un accord avec les proches de marins américains tués dans l’attentat contre le navire de guerre USS Cole au Yémen en 2000, un préalable au retrait de Khartoum de la liste américaine des Etats «soutenant le terrorisme».

Cette attaque, où 17 soldats américains ont été tués, est revendiquée par le chef du groupe djihadiste Al Qaîda, Oussama Ben Laden. Ce dernier est hébergé par Khartoum entre 1992 et 1996.

La justice américaine a jugé le Soudan responsable de cette opération, en affirmant que ses auteurs ont été entraînés dans ce pays. Ce que Khartoum a longtemps nié.

En mai, le Soudan a nommé son premier ambassadeur aux Etats-Unis depuis près d’un quart de siècle. Jusqu’ici, la représentation des deux pays se limitait au rang de «chargé d’affaires».

Source : El watan /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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