Violation de l’embargo sur les armes en Libye : L’Union européenne sanctionne trois sociétés

L’Union européenne (UE) a sanctionné hier trois entreprises, dont une société turque, et deux Libyens impliqués dans des violations de l’embargo sur les ventes d’armements imposé à la Libye par les Nations unies, selon des diplomates à Bruxelles, relayés par l’AFP.

Les deux autres sociétés sanctionnées sont jordanienne et kazakhe, selon ces sources. La décision a été adoptée vendredi au niveau des ambassadeurs et a été avalisée par les ministres des Affaires étrangères au cours d’une réunion hier à Bruxelles. Des preuves probantes ont été constituées contre les sociétés et les personnes sanctionnées. Leurs avoirs dans l’UE seront gelés et elles ne pourront plus avoir de relations avec les entreprises de l’UE, ni avoir accès aux marchés financiers européens.

Bruxelles a mis en place une opération navale, «Irini», chargée de contrôler le respect de l’embargo de l’Organisation des Nations unies (Onu).

Elle a permis de «documenter» de nombreuses violations de l’embargo commises par la Turquie, ont indiqué les diplomates. Ces violations «minent le processus politique engagé pour mettre un terme au conflit en Libye», explique-t-on à Bruxelles. Les preuves de ces violations sont transmises à l’Onu, qui peut aussi décider de sanctions.

Transactions dangereuses

Le 2 septembre, l’émissaire par intérim de l’Onu en Libye, Stephanie Williams, a dénoncé, devant le Conseil de sécurité, la poursuite de violations de l’embargo sur les armes imposé en 2011 à ce pays. Depuis le dernier rapport le 8 juillet, «environ 70 avions ont atterri dans les aéroports de l’Est, en soutien» à l’armée du maréchal Khalifa Haftar, «pendant qu’une trentaine d’appareils ont été envoyés dans des aéroports de l’ouest de la Libye» en appui au gouvernement d’union nationale (Gna), a-t-elle dit.

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Et d’ajouter : «Neuf cargos se sont amarrés dans des ports de l’Ouest en soutien au Gna, pendant que trois navires sont venus bénéficier» aux forces pro-Haftar, sans donner d’indications sur le contenu des cargaisons. «Les soutiens étrangers renforcent leurs capacités dans les principales bases aériennes libyennes à l’Est et à l’Ouest», a soutenu Mme Williams, en dénonçant une atteinte à la souveraineté de la Libye et «une violation flagrante» de l’embargo de l’Onu sur les armes.

La mission de l’Onu en Libye «continue de recevoir des informations sur une présence à grande échelle de mercenaires et d’agents étrangers, ce qui complique (…) les chances d’un règlement futur» du conflit, a-t-elle précisé.

L’ambassadeur russe à l’Onu, Vassily Nebenzia, a rejeté les accusations récurrentes d’interférences russes. «Il n’y a pas un seul Russe en uniforme en Libye», a-t-il assuré, alors que son homologue américaine, Kelly Craft, a évoqué la présence de mercenaires russes liés au gouvernement russe. «Il n’y pas lieu d’avoir des mercenaires étrangers en Libye, dont le groupe Wagner affilié au ministère russe de la

Défense qui combat aux côtés des forces pro-Haftar», a-t-elle dit.
Le 10 septembre, la mission européenne «Irini» a intercepté un cargo des Emirats arabes unis soupçonné de violer cet embargo. L’opération a été menée par une frégate allemande, avec le soutien d’une frégate italienne. Au cours des derniers mois, «Irini» a constaté aussi ses limites avec le refus de la Turquie de laisser contrôler un bateau battant pavillon tanzanien, escorté par des unités de la marine turque et soupçonné de violer l’embargo. «Irini» a, par ailleurs, été critiquée par Washington et le Gna, dont le chef Fayez Al Sarraj a affirmé qu’elle favorise le maréchal Haftar qui obtient des armes par voies terrestre et aérienne. «Irini doit inclure le contrôle des voies aériennes et terrestres» aussi, a-t-il déclaré début septembre.

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L’opération de sécurité maritime de l’ Organisation du Traité de l’Atlantique nord (Otan), «Sea Guardian», dont la France s’est temporairement retirée en juin après un incident entre un de ses navires et un bâtiment turc, a également pour mission de contribuer à faire respecter l’embargo de l’Onu sur les livraisons d’armes en Libye. Mais Ankara, qui soutient le Gna s’oppose à toute coopération entre les opérations «Irini» et «Sea Guardian».

Après la chute de Mouammar El Gueddafi en 2011, deux camps rivaux se disputent le pouvoir en Libye : le Gna à l’Ouest, reconnu par l’Onu, et le pouvoir à l’Est incarné par le maréchal Haftar.

Source: El Watan/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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