« La Nigérienne » ne sera plus l’hymne national du Niger. En cause, des vers critiqués par les Nigériens qui font allusion à l’ancien colonisateur français.

Les notes de « La Nigérienne » ne résonneront plus dans les cérémonies officielles. Le Niger a en effet décidé de changer son hymne national, car « il y a des parties qui font, à l’unanimité, l’objet de critiques. Il faut trouver un hymne qui puisse galvaniser la population, être pour nous une sorte de cri de guerre pour toucher notre fibre patriotique », a expliqué jeudi soir le ministre nigérien de la Renaissance culturelle, Assoumana Malam Issa, à la télévision d’État. L’annonce est intervenue à l’issue d’un entretien entre le président Mahamadou Issoufou et un comité chargé d’élaborer le nouvel hymne et « composé de plusieurs membres du gouvernement et d’éminents experts rompus dans l’écriture et la composition musicale », souligne le journal nigérien Actu Niger.

Une inspiration plurielle pour les hymnes africains

La majorité des critiques des Nigériens se concentrent surtout sur les troisième et quatrième vers, « Soyons fiers et reconnaissants / De notre liberté nouvelle ! », estimant que ce mot de « reconnaissant » marque une inféodation à la France, ancien colonisateur du pays. Pour rappel, les paroles de « La Nigérienne » ont été écrites par le Français Maurice Albert Thiriet en 1961, un an après l’indépendance du pays. La musique, elle, a été composée par Robert Jacquet et Nicolas Abel François Frionnet.

D’autres pays du continent ont fait appel, à leur indépendance, à des artistes français pour la composition de leur hymne national. Herbert Pepper est par exemple l’auteur du « Lion rouge », l’hymne du Sénégal, et de « La Renaissance », celui de la Centrafrique, tous deux adoptés en 1960. Le Mali, le Togo ou encore la Guinée ont en revanche fait le choix d’auteurs africains, avec respectivement l’écrivain Seydou Badian Kouyaté, le musicien Alex Casimir Dosseh et le fondateur de la compagnie nationale Les Ballets africains, Fodéba Keita.

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Le comité chargé du nouvel hymne va donc « réfléchir à l’actuel en lui apportant des correctifs » et si possible en trouver un nouveau « qui réponde au contexte actuel du Niger », a poursuivi le ministre. Il a lancé « un appel » à ses compatriotes à faire parvenir au Comité des « contributions » pour l’élaboration de « l’œuvre principale (finale) en langues nationales ». Le pays célébrera le 18 décembre le 61e anniversaire de la proclamation de sa république en 1958. Surtout, il célébrera le 60e anniversaire de son indépendance le 3 août 2020. Une belle occasion de faire découvrir au monde son nouvel hymne national.

Source: Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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