Plus de 500 morts entre octobre et novembre, selon l’OIM

La plupart des migrants arrivés sur les îles Canaries pourraient être expulsés

Le record de morts sur les routes de l’Afrique de l’ouest vers les Iles Canaries dans la même période en 2019 a été dépassé. Le chiffre est sous-évalué.

Le dernier naufrage au large de l’Afrique de l’ouest a eu lieu le dimanche 15 novembre 2020. C’était au large du Cap Vert, où une pirogue ayant à son bord 130 migrants a chaviré après l’explosion de son moteur. 60 personnes, dont trois enfants ont péri lors de ce naufrage, selon une évaluation de l’organisation internationale pour les migrations (OIM). Ces morts s’ajoutent à ceux enregistrés depuis octobre.

L’OIM constate en effet que le record de morts enregistrés entre octobre et novembre 2019 (210 morts) a été dépassé cette année. Selon l’agence onusienne, entre octobre et novembre 2020, plus de 500 personnes ont perdu la vie sur les routes de l’Afrique de l’ouest vers les Iles Canaries. Elle redoute que ce chiffre soit plus élevé, en raison des défis dans la collecte de données.

Pas que la Covid-19

L’augmentation du nombre de morts entre octobre et novembre 2020 est liée à un chiffre plus élevé des départs des pays de l’Afrique de l’ouest vers les Iles Canaries. Plus de 12.000 migrants, la plupart d’Afrique de l’ouest, sont arrivés sur les Iles Canaries. Depuis le début de l’année, ils sont estimés à 18.000 contre 1.500 dans la même période l’an dernier, entre janvier et novembre. Selon Safa Msehli, porte-parole de l’OIM, « les passeurs embarquent les migrants dans des pirogues pas adaptées et qui sont surchargées ». Elle ajoute que « les chiffres sont inquiétants à cause du traumatisme et du risque de morts que présente la dangereuse traversée de l’Océan atlantique ».

Les routes de la migration irrégulière ne sont pas sans risque

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La porte-parole de l’OIM estime que « les restrictions de déplacements liées à la Covid-19 et les impacts de la pandémie peuvent être l’une des raisons de cette arrivée massive de migrants sur les Iles Canaries ». Pour autant, certains migrants ne seraient pas bien informés sur les opportunités pour une migration régulière. Mme. Msehli ajoute que « des passeurs et des migrants installés en Europe peignent souvent une situation qui ne reflète pas nécessairement la réalité des pays de destination ».

Vendredi, le ministre espagnol de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, José Luis Escriva, a annoncé la construction de camps provisoires pour les migrants. « Nous pensons construire d’ici la fin de l’année des logements temporaires pour 7.000 migrants. C’est la première solution. », a précisé M. Escriva.

« La majorité des migrants peuvent être reconduits ou sont expulsables. Nous recevons les personnes vulnérables et les demandeurs d’asile. Ce qui n’est pas le cas de la majorité des personnes qui sont arrivées. », a déclaré le ministre espagnol.  

Selon l’OIM, la situation est encore gérable grâce à la solidarité et la politique, avec une approche basée sur les droits de l’Homme. L’organisation constate que les activités des passeurs augmentent. L’OIM pense que la poursuite de ces réseaux criminels doit être une priorité. 

Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée
        

Tribune d'Afrique

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