Inquiétudes en Afrique sur la baisse des dons sanguins

poche de sang

La pandémie de coronavirus fait reculer les dons de sang. Au point que plusieurs pays avertissent des conséquences dramatiques d’une baisse des réserves nationales dans les banques de sang.

Les mesures de restrictions imposées dans plusieurs pays pour limiter la propagation du coronavirus ont entraîné l’annulation de milliers de collectes de sang programmées en raison de la fermeture des écoles mais également de certains lieux de collectes.

Un pays comme le Bénin, qui n’a pourtant pas pris l’option d’un confinement strict, est aussi confronté à la baisse des dons de sang.

Des besoins en sang plus élevés à l’approche de la saison pluvieuse

Le docteur François Ahlonsou, de l’Agence nationale de transfusion sanguine au Bénin, explique que les donneurs ne veulent plus se déplacer vers les structures sanitaires.

« Ils ont peur de nous accueillir dans leurs entreprises, dans leurs structures respectives afin que nous puissions faire les collectes », confie le médecin.

« Dans le cadre de la collecte de sang des équipes mobiles, quand on se déplace, les gens se retrouvent en nombre et c’est  dangereux. Les mesures de protection sont plus difficiles à prendre hors structure de transfusion sanguine. »

Le docteur Ahlonsou lance un appel aux Béninois à surmonter leurs craintes. « Nous entrons dans la période pluvieuse où le paludisme sera présent et les besoins seront accrus, notamment dans le cadre du traitement de l’anémie grave chez l’enfant de zéro à cinq ans », explique-t-il.

Pour survivre, les enfants souffrant de cette forme d’anémie ont besoin d’une transfusion. Mais il y a également plusieurs autres cas où une transfusion est indispensable.

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Il faut rassurer les donneurs de sang

Dans la sous-région, d’autres pays comme le Togo sont confrontés au même problème de manque de poches de sang en raison de la peur des donneurs d’être contaminé.

L’artiste Agbleta Kokou, connu sous le nom de Gbadamassi, lui-même donneur de sang, dit comprendre ces appréhensions.

« Tout le monde est suspect, le médecin a peur de contracter la maladie comme moi aussi j’ai peur de lui. Je pense qu’ils devront mettre en place des mesures sécuritaires », conclut-il.

Les centres nationaux de transfusion sanguine comme celui du Burkina Faso précisent que les sites de dons sont sécurisés pour ne pas exposer les éventuels donneurs de sang à des risques de contamination au Covid-19.

Une sécurisation qui passe par la mise en place de dispositifs de lavage des mains et le port de matériels de protection par le personnel soignant.

Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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