Espace maritime du Sahara occidental: l’offensive du Maroc fait polémique

La ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez avec son homologue marocain Nasser Bourita, à Rabat, le 24 janvier 2020, deux jours après l’adoption par le Maroc de deux lois délimitant son espace maritime. FADEL SENNA / AFP

La ministre espagnole des Affaires étrangères s’est rendue au Maroc deux jours après le vote par le Parlement marocain de textes de loi qui intègrent les eaux du Sahara occidental à l’espace maritime du royaume. Une décision dénoncée par les îles Canaries. Ces deux lois font aussi grincer des dents du côté des indépendantistes du Front Polisario.

Arancha Gonzalez a rencontré le Premier ministre marocain, Saad-Eddine El Othmani, ainsi que son homologue Nasser Bourita.

« Le Maroc a le droit de délimiter sa zone maritime internationale », a affirmé Mme Gonzalez à l’issue de sa rencontre avec M. Bourita. Mais cela doit se faire « en accord avec l’autre pays et en respectant les règles et normes de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer », quand il y a « chevauchement » entre des zones maritimes, a-t-elle ajouté.

Quelques jours avant cette visite, la ministre espagnole des Affaires étrangères avait déjà rappelé, sur Twitter, que la définition de l’espace maritime du Maroc et de l’Espagne ne pourrait pas se faire de manière unilatérale. Au moment du vote, son homologue marocain a quant à lui déclaré que le royaume était prêt au dialogue dans le cadre de ses droits souverains.

Ces deux textes de loi ont été adoptés à l’unanimité par les parlementaires marocains. « Le Maroc doit comme tous les pays du monde délimiter toutes ses frontières, et c’est une revendication que nous portons depuis très très longtemps, explique Omar Balafrej, député de la Fédération de la gauche démocratique. Pour des raisons de droit international et de négociation politique, le Maroc a peut-être tardé un peu, mais on note positivement que le gouvernement soit venu avec cette délimitation aujourd’hui ».

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Désaccord des Canaries et du Front Polisario

Le gouvernement des Canaries a exprimé son désaccord avec cette décision par la voix de son président. Angel Victor Torres évoque des lois susceptibles d’entraver la compétence espagnole sur les eaux qui entourent les Canaries. L’archipel espagnol des Canaries est situé à moins de 100 km des côtes marocaines et chaque État est en droit de revendiquer un plateau continental allant de 200 à 350 milles marins [le 1000 nautique est équivalent à 1852 mètres.
Le Front Polisario, qui réclame l’indépendance du Sahara occidental, a lui aussi fait part de son mécontentement. « Depuis plus de 40 ans, le Maroc s’arc-boute pour trouver le sceau de la légalité à son occupation. Il découvre tout à coup après 45 ans que la façade maritime a été oubliée. Il est notable que cela n’aura aucun impact juridique », veut croire Mahmed Khadad, responsable de sa commission des relations extérieures du Front Polisario. Le mouvement politique indépendantiste menace de saisir la justice internationale.

Tribune d'Afrique

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