En Ouganda, l’opposant Bobi Wine retire son recours contre la présidentielle

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Le leader de l’opposition ougandaise, Bobi Wine, a annoncé qu’il retirait le recours déposé devant la Cour suprême pour contester les résultats de l’élection présidentielle du mois dernier, accusant l’institution de manquer d’impartialité. 

Trois semaines après avoir déposé un recours devant la Cour suprême ougandaise pour contester la réélection du président sortant Yoweri Museveni, qu’il estime entachée de fraudes, l’opposant Bobi Wine a finalement décidé de le retirer lundi 22 février, accusant l’institution de manquer d’impartialité.

Le président Yoweri Museveni, 76 ans, a remporté le scrutin pour la sixième fois consécutive le 14 janvier, avec 58 % des voix, face à Bobi Wine, un ancien chanteur de 39 ans, qui a obtenu 35 % des suffrages et a dénoncé une « mascarade ».

Cet artiste, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, avait déposé le 1er février un recours devant la Cour suprême, affirmant disposer de nombreuses preuves d’irrégularités, comme des intimidations d’électeurs, des enlèvements au sein de son parti et des fraudes massives.

« Manque d’indépendance »

Mais l’ancien candidat a finalement demandé à ses avocats de retirer ce recours, accusant les juges en charge du dossier de « biais » et de « manque d’indépendance ». « Nous sommes convaincus que la Cour suprême a un avis prédéterminé », a déclaré l’opposant à des journalistes.

« Nous refusons de prendre part à cette parodie de justice. Le peuple d’Ouganda aura le mot final sur sa destinée. Ayant retiré notre recours devant l’injuste Cour suprême d’Ouganda, nous mettons toutes les options légales, non violentes sur la table », a-t-il ajouté, sans donner davantage de précisions.

La semaine dernière, les avocats de Bobi Wine et les juges ont passé plusieurs jours à débattre sur des questions de procédures et la Cour a décidé vendredi que la plupart des preuves soumises ne pouvaient techniquement pas être prises en compte.

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Le cadre légal pour contester les élections est ouvertement critiqué en Ouganda, car les juges de la Cour suprême examinent seulement les événements survenus le jour de l’élection et le jour de la déclaration des résultats, sans prendre en compte la campagne électorale dans son ensemble.

Bobi Wine a accusé le principal juge en charge de l’affaire, Alphonse Owiny-Dollo, d’avoir rencontré Yoweri Museveni trois fois depuis le dépôt du recours, questionnant son indépendance.

Par le passé, aucun candidat n’est parvenu à faire annuler en justice une élection de Yoweri Museveni, marquées presque toutes par des soupçons d’irrégularités. Ce dernier a qualifié le scrutin de janvier de plus transparent de l’histoire de l’Ouganda indépendant.

La campagne électorale a été marquée par des violences et par la répression contre ses rivaux. Au moins 54 personnes sont mortes en novembre dans des manifestations contre une énième arrestation de Bobi Wine. Il a également été assigné à résidence pendant près de deux semaines après le vote, jusqu’à ce que la justice ordonne sa libération.

Source: France 24/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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