En Mauritanie, le Premier ministre présente la démission de son gouvernement

Mohamed Ould Ghazouani

Le Premier ministre mauritanien, Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, a présenté la démission de son gouvernement, jeudi, au président de la République. Cette décision intervient, alors qu’une enquête parlementaire a été conduite pour des faits de corruption visant plusieurs ministres.

Un an après sa nomination, le Premier ministre mauritanien, Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, a présenté, jeudi 6 août, la démission de son gouvernement. Elle intervient au lendemain de la remise à la justice du rapport d’une commission parlementaire sur la gestion de son prédécesseur, qui mettrait en cause plusieurs ministres.

Le président de la république, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au pouvoir depuis août 2019, « a reçu ce matin Ismaïl Ould Cheikh Sidiya, qui lui a présenté la démission de son gouvernement », a indiqué l’Agence mauritanienne d’information (AMI).

Mohamed Ould Bilal nommé nouveau Premier ministre

Avant d’être nommé Premier ministre en août 2019, Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya avait été, entre 2009 et 2014, ministre de l’Habitat et de l’Emploi. Il avait également été président de la zone franche de Nouadhibou (nord-ouest) et était un cadre de l’Union pour la République (UPR), le parti fondé par l’ex-président Aziz et repris en main par son successeur.

À la suite de cette démission, le chef de l’État a nommé Mohamed Ould Bilal pour lui succéder et l’a « chargé de former un gouvernement », a indiqué à l’AFP une source officielle à la présidence mauritanienne.

Jusqu’ici conseiller à la primature, les service du Premier ministre, le nouveau chef du gouvernement avait été plusieurs fois ministre sous l’ancien président civil Sidi Ould Cheikh Abdallahi, déposé en 2008 par un putsch mené par Mohamed Ould Abdel Aziz.

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Mohamed Ould Bilal est issu de la communauté haratine (descendants d’esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture).

Rapport d’une commission d’enquête parlementaire

Ce remaniement, dont les raisons n’ont pas été expliquées officiellement, intervient au lendemain de la transmission à la justice du rapport d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de l’ex-président Aziz. Une enquête pour des faits de corruption qui semble mettre en cause plusieurs ministres.

Parmi ces dossiers figurent la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l’État à Nouakchott, la liquidation d’une société publique qui assurait l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires, ou encore les activités d’une société chinoise de pêche, Pully Hong Dong, selon des sources parlementaires.

« La prise en compte du dossier par le parquet est une phase traditionnelle de la justice. Il faudra attendre la phase de l’instruction pour savoir si le dossier sera retourné au Parlement, où il pourra faire l’objet de remise à une commission d’instruction », a expliqué, mercredi, à l’AFP, le constitutionnaliste Lo Abdoul Gourmo.

« Cette commission pourra requalifier les faits. S’il s’agit de fait de haute trahison commis par l’ancien président de la république, seule la Haute Cour de justice restera compétente pour le juger », a-t-il indiqué.

Les députés mauritaniens ont adopté, fin juillet, une loi instituant une Haute cour de justice chargée de juger le chef de l’État et des ministres en cas de « haute trahison ». La juridiction doit être mise en place dans les prochains mois.

Source: France 24 /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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