Côte d’Ivoire : la militante Nathalie Yamb expulsée du territoire

La militante suisso-camerounaise Nathalie Yamb, du parti d’opposition ivoirien Lider, a été expulsée lundi de Côte d’Ivoire, quelques semaines après son intervention contre la « Françafrique » à Sotchi lors du sommet Russie-Afrique.

La confusion a régné pendant la journée sur le sort de la militante convoquée à la préfecture lundi matin et qui a passé la journée sans pouvoir communiquer avec l’extérieur. « Ils l’ont mis dans l’avion pour Zurich avec un changement à Paris. Elle a découvert sa destination à l’aéroport. On a pu lui parler brièvement. On lui reproche une activité incompatible avec l’intérêt national, nous a-t-elle dit », explique Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale et chef de file du Lider.

Fin octobre à Sotchi, Mme Yamb avait notamment déclaré lors d’une conférence : « La France considère toujours le continent africain comme sa propriété. Nous voulons sortir du franc CFA. Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises qui, sous le couvert d’accords de défense bidons, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rebellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos États. »

« Une étrangère qui fait de la politique »

« On lui dit qu’elle est une étrangère qui fait de la politique en Côte d’Ivoire, qu’elle critique trop les autorités, que c’est un trouble à l’ordre public, a ajouté Mamadou Koulibaly. Normalement, il devrait y avoir un procès. Mais ils s’abritent derrière un acte administratif, et même si on fait un recours, cela prendra plusieurs mois. »

« Rien n’interdit à un étranger de faire de la politique. Il est simplement interdit d’être président d’une formation politique », a-t-il déclaré, rappelant que Nathalie Yamb était installée en Côte d’Ivoire depuis de nombreuses années.

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Elle y a travaillé pour un groupe de téléphonie, avant de « s’investir pleinement dans cette lutte que nous menons pour une nouvelle Afrique, l’émancipation de ses peuples ». « Son combat ne s’arrête pas à Abidjan. Sur le Franc CFA, pour le démocratie, pour les droits de l’Homme, contre les bases militaires que nous avons de plus en plus de mal à accepter. Nous tenons des propos véhéments, durs, mais c’est notre fonction d’opposition politique », a-t-il conclu.

Source: Jeune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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