Centrafrique: la Minusca dénonce la tentative d’«asphyxie» de la capitale par les rebelles

Depuis plus d’un mois, les groupes armés empêchent les camions de marchandises de circuler sur l’axe Douala-Bangui, vital pour l’approvisionnement de la Centrafrique. Résultat : 1 600 camions sont coincés à la frontière dont 500 appartiennent aux Nations unies et à ses partenaires humanitaires. À l’intérieur, il y a notamment de la nourriture et des médicaments. L’ONU alerte sur le « drame social » que pourrait subir la population si le blocage perdure.

Lundi dernier, un convoi, pourtant escorté par la Minusca, a été attaqué. C’était le premier depuis des semaines à tenter le voyage vers Bangui. Il a finalement rebroussé chemin. Près d’1,5 million de Centrafricains dépendant de l’aide alimentaire pour vivre, alerte le Programme alimentaire mondiale. Au total, 48 camions appartenant à l’organisation sont aujourd’hui bloqués à la frontière. A cela s’ajoutent des tonnes de vivres coincées au port de Douala.

Une situation intenable, alerte Aline Rumonge, directrice adjointe du Programme alimentaire mondial à Bangui : « Il nous manque du riz, des haricots, il nous manque de l’huile. On en a, mais pas en quantités suffisantes pour pouvoir continuer. »

En amont de l’élection présidentielle, les agences de l’ONU avaient fait des stocks, mais le Bureau de coordination humanitaire de l’ONU (Ocha) craint le pire si la situation s’enlise. D’autant que ce blocus entraîne une hausse des prix sur les marchés, plus de 50% dans certaines villes.

À ce rythme, le nombre déjà très élevé de Centrafricains en insécurité alimentaire risque encore d’augmenter, prévient Rosaria Bruno, la directrice adjointe du bureau Ocha en Centrafrique : « On sait qu’à cause de l’insécurité, on a moins de personnes qui sont en train de cultiver. On est donc très inquiets par rapport au pouvoir d’achat pour les personnes affectées. »

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L’impact ne concerne pas seulement les vivres. Certains produits indispensables aux humanitaires, comme le carburant, commencent par endroits à manquer. « La semaine dernière, on a par exemple envoyé par avion du fioul pour Bangassou. Pour faire rouler les véhicules, pour continuer à délivrer l’assistance humanitaire, il faut avoir du fioul », insiste Rosaria Bruno.

Autre source d’inquiétude, une possible perturbation du réseau d’eau potable. Parmi les produits coincés au Cameroun se trouvent en effet des stocks de chlorine destinés à la Sodeca, la société de distribution de l’eau en Centrafrique.

Source: Rfi Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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