Caricatures de Mahomet : des fidèles maliens exigent des excuses


Un homme brandit une pancarte indiquant « Respectez mon prophète » lors d’un rassemblement devant la Grande Mosquée de Bamako le 28 octobre 2020. © SEYDOU CAMARA / AFP

De nombreux musulmans ont répondu à l’appel du Haut Conseil islamique pour dénoncer les caricatures du prophète Mahomet, ainsi que les propos d’Emmanuel Macron.

Quelque 5 000 fidèles musulmans rassemblés dans et autour de la Grande Mosquée de la capitale malienne Bamako – pour la célébration du Maouloud, anniversaire de la naissance du prophète Mohammed – ont fustigé mercredi les caricatures du prophète Mahomet, au cœur d’une crise entre la France et le monde arabo-musulman, ont constaté des journalistes de l’AFP.

D’après nos confrères de Radio France International, ce sont les propos du président français Emmanuel Macron, en particulier, qui ont été pointés du doigt.

Protestations et boycotts…

Le Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), principale organisation islamique dans ce pays à 90 % musulman, qui avait appelé à ce rassemblement, dénonce « les discours irresponsables, diffamatoires, calomnieux et antirépublicains » de M. Macron « sur l’islam et les caricatures », a déclaré son secrétaire général adjoint, Moussa Bocar Bah.

L’organisation, courroie de transmission traditionnelle entre le pouvoir et les musulmans du Mali, réclame des « excuses à la communauté musulmane du monde » du président français, a-t-il ajouté. « Nous condamnons la violence sous toutes ses formes comme moyen de lutte, d’expression et de revendications. fort de ce constat, le Haut Conseil islamique du Mali demande l’interdiction immédiate de toute publication de caricatures du Prophète. »

« La France et les Français ont dépassé les bornes. Ils ont touché à l’intouchable, notre prophète Mahomet. C’est impardonnable », a pour sa part estimé un vice-président du HCIM, Mohamed Traoré.

« Stop à la provocation. Sinon, il y aura pire », menaçait une banderole déployée dans la mosquée, pleine à craquer, où était notamment présent l’imam conservateur Mahmoud Dicko, ancien dirigeant du Haut Conseil et l’une des personnalités les plus influentes du Mali.

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Lors de la cérémonie d’hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire décapité près de Paris le 16 octobre dans un attentat islamiste pour avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète de l’islam, le président Emmanuel Macron a promis que la France ne renoncerait pas à ces dessins, au nom de la liberté d’expression. Il est depuis lors devenu la cible de manifestations dans plusieurs pays.

… se multiplient dans les pays musulmans

Sur le continent africain, l’Algérie et le Maroc ont réagi à leur manière.

La Mauritanie a également exprimé lundi son « indignation » face aux actions d’incitation menées contre l’islam au nom de la liberté d’expression, a annoncé un communiqué de son ministère des Affaires étrangères.

« La République islamique de Mauritanie suit avec indignation les actions d’incitation menées depuis un certain temps contre l’islam sous le fallacieux prétexte de la liberté d’expression ainsi que la provocation des musulmans en portant atteinte à notre prophète Mohammed », a souligné le ministère.

« Aussi, la Mauritanie, tout en dénonçant ce comportement qui n’a rien à voir avec la liberté d’expression », a poursuivi le communiqué, dénonce « tout acte de terreur commis au nom de la religion contre des innocents ».

Suite aux propos du président français Emmanuel Macron, les appels au boycott des produits français se sont aussi multipliés ces jours-ci en Mauritanie, pays à 100 % musulman sunnite.

Source : Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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