Cameroun: l’avocat de l’ex-directeur financier du Chantier naval lance un appel à la justice

Un agent des forces de sécurité camerounaises monte la garde à la prison de Yaoundé, le 1er septembre 2017. REUTERS/Stringer


C’est un appel contre l’oubli et pour la « justice ». Celui de l’avocat de Jean-Simon Ngwang au Cameroun. Autrefois directeur financier du Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC), Jean-Simon Ngwang a été arrêté il y a onze ans en juin 2009, puis condamné en juillet 2012 par le tribunal de grande instance de Douala à la prison à vie pour détournements de derniers publics dans le cadre de l’opération Epervier.

Dès le lendemain de sa condamnation, il avait introduit un recours à la Cour suprême clamant son innocence. Mais huit ans plus tard, ce recours n’a toujours pas été traité et il reste en prison. En août 2018, l’ONU avait également demandé sa libération immédiate jugeant les conditions de sa détention « arbitraire ». Aujourd’hui, son avocat dénonce un « déni de justice ».

Nous avons fait un pourvoi en cassation. Et depuis huit ans, rien du tout. La Cour suprême n’a pas cru devoir statuer sur sa demande. Pour les autres, on a bouclé tous les dossiers, on a bouclé même des dossiers qui sont nés après celui-ci. On a saisi le ministère de la Justice pour dénoncer cet état de chose. On a saisi également les responsables de la Cour suprême, les deux principaux responsables de la Cour suprême. Aucune de ces autorités ne nous a répondu. On dit que tout le monde a le droit à une justice dans un délai raisonnable. Nous ne pensons pas que huit ans, c’est un délai raisonnable. Ce que nous demandons, c’est avoir justice tout simplement. Nous pensons que la Cour suprême est une instance supérieure au tribunal de grande instance et qu’elle sera plus clairvoyante. Nous demandons qu’une autre audience soit programmée afin que nous connaissions notre sort définitif parce que, à rester là avec une condamnation à vie sur la tête, il est clair qu’il y a un déni de justice.

Le ministère camerounais de la Justice et celui de la Communication, sollicités par RFI, n’ont pas été disponibles pour répondre à ce propos ce mercredi.

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Source: Rfi Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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