Au Liberia, des centaines de personnes manifestent contre la politique économique de George Weah

geoge weah

Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue pour demander des comptes au président.

Des centaines de Libériens se sont réunis à Monrovia, lundi 6 janvier, pour demander au président George Weah de prendre des mesures décisives pour améliorer l’économie. S’ils étaient déjà nombreux le matin, la foule des manifestants a encore grossi au fil des heures. En parallèle, des dizaines de policiers anti-émeutes ont été déployés dans la capitale, bien que la protestation soit restée calme dans une ville quasi morte. Les routes étaient désertes et de nombreux fonctionnaires sont restés chez eux.

Les manifestants veulent que le président renvoie toute son équipe économique, a déclaré Henry Costa, l’organisateur de la manifestation et leader du groupe qui mène la contestation. « Ils ont eu des résultats lamentables et ont créé une situation économique qui s’aggrave encore », a-t-il déclaré au journaliste d’Associated Press.

Salaires en retard

C’est la deuxième manifestation de masse contre la politique économique du président en moins d’un an. En juin, les manifestants avaient demandé à M. Weah des comptes sur les 25 millions de dollars que son gouvernement avait retirés à la hâte du compte de la Réserve fédérale à New York, en 2018, pour les injecter dans l’économie. Un groupe de travail présidentiel mis en place pour enquêter sur ces fonds avait par la suite découvert des différences entre les propos tenus et les affectations réelles des sommes.

M. Weah, star du football de renommée internationale avant son élection en 2017, a été critiqué pour s’être fait construire des propriétés, dont près de 50 condominiums, au lendemain de son entrée en fonction. On lui reproche également de voyager en jet privé avec de très larges délégations. Né dans un bidonville de Monrovia en 1966, M. Weah a été le premier Africain noir à être couronné meilleur footballeur de l’année par la FIFA en 1995. Il a joué dans les plus grands clubs européens, dont Chelsea, le Milan AC, le Paris-Saint-Germain et Manchester City, avant de prendre sa retraite en 2003 pour se consacrer à la politique nationale.

A LIRE AUSSI:   Afrique du Sud : un député britannique fustige le rôle des banques dans la corruption sous l’ère Zuma

Depuis son arrivée au pouvoir, il y a deux ans, l’économie libérienne connaît un tel déclin que les banques ne peuvent plus assurer les retraits de dépôts, que les salaires sont en retard et que les prix des produits de base sont montés en flèche. Devant les distributeurs automatiques, les files d’attente sont longues ; et pour accéder aux guichets, les déposants qui veulent obtenir de l’argent liquide doivent affronter les agents de sécurité des banques.

« Potentiel de croissance »

L’ambassade des Etats-Unis à Monrovia a demandé à ses citoyens de« faire profil bas » et d’« éviter les zones de manifestation »ce lundi, car même si elle est censée être pacifique, « cette manifestation peut tourner à la confrontation et dégénérer en violences ».

Le chef de l’Etat avait mis en garde contre des troubles dans un entretien accordé à la radio d’Etat, avant Noël, depuis sa maison privée au sud de la capitale. « Nous ne voulons pas de troubles ici, le pays a un potentiel de croissance », avait-il ajouté, alléguant que les organisateurs de la manifestation étaient des membres de l’opposition mécontents. « Ils devraient essayer de créer des emplois, ils devraient essayer d’être innovants », a-t-il insisté.

Initialement baptisé« Campagne pour la destitution de Weah », le mouvement appelle l’ancienne star du football à quitter son poste. Mais beaucoup considèrent que cette demande est antidémocratique et souhaitent seulement qu’il rende des comptes sur sa politique économique et financière.

Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

Read Previous

TOGO : Agbéyomé Kodjo, le bâton de l’alternance ?

Read Next

Opération scorpion au Gabon : deux proches de Brice Laccruche Alihanga visés par des mandats d’arrêts internationaux