Au Cameroun, le boycott du MRC fait débat

En boycottant ces élections, le MRC invoque surtout la crise persistante dans les régions anglophones du Cameroun

Le parti MRC de l’opposant Maurice Kamto a décidé de ne pas participer aux élections municipales et législatives du 9 février. Une stratégie contre-productive selon certains Camerounais. Mais le parti s’en défend.

Les premiers meetings de campagne électorale se sont déroulés samedi (25.01.2020) dans de nombreuses localités du Cameroun.

L’appel au boycott du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est qualifié d’anticonstitutionnel par ses adversaires politiques. Le parti arrivé en deuxième position à l’issue de la présidentielle de 2018 est en effet accusé de vouloir empêcher l’organisation des élections.

Mort politique

Pour Albert Elimbi Lobé, analyste politique, le parti de Maurice Kamtoa signé son propre arrêt de mort politique car sa non-participation pourrait se solder par une dissolution de son parti ou une absence aux prochaines échéances électorales. « Il y a des conditions pour participer à certaines élections. Par exemple, pour que le MRC ait la faculté de présenter un candidat à la prochaine élection présidentielle, c’est-à-dire en 2025, il faut que le parti ait au moins deux élus. Ce qu’il n’aura pas. En 2025, le MRC sera alors dans l’incapacité d’investir un candidat à l’élection présidentielle », justifie Albert Elimbi Lobé.

Pour expliquer son appel au boycott, le MRC met en avant la crise postélectorale de 2018 et de la crise anglophone en cours. Le parti politique estime que sa participation au double scrutin du 9 février reviendrait à renforcer la crise et la partition du pays. Car pour ce parti, aucune élection crédible n’est possible en ce moment dans les deux régions anglophones.

Le MRC se défend

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Selon Maître Fidèle Djoumbissie, avocat au barreau du Cameroun et conseiller municipal sortant du MRC, « le Mouvement pour la renaissance du Cameroun a pour slogan ‘changer le Cameroun dans la paix’. Donc nous allons faire une résistance pacifique pour qu’il y ait changement dans ce pays. Nous n’avons aucune intention et aucun projet d’une lutte armée au Cameroun. Notre projet de société et nos idéaux sont fondés sur les principes démocratiques ».

Près de 360 communes doivent obtenir de nouveaux exécutifs municipaux. Et 180 sièges de députés à la chambre basse du parlement seront aussi attribués.

Source: Deutsche wellle Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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