Algérie : Emmanuel Macron « prend note » de l’élection d’Abdelmadjid Tebboune

Alors qu’une marée humaine a envahi Alger pour rejeter le scrutin, le président français a appelé au « dialogue » entre les autorités et la population.

Le président français, Emmanuel Macron, a « pris note », vendredi 13 décembre, de l’élection d’Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’Algérie et a appelé les autorités à engager un « dialogue » avec le peuple algérien, sur fond de contestation populaire inédite dans ce pays depuis l’indépendance en 1962. « J’ai pris note de l’annonce officielle que M. Tebboune a remporté l’élection présidentielle algérienne dès le premier tour », a déclaré M. Macron lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil européen à Bruxelles.

Abdelmadjid Tebboune, un ex-fidèle du président algérien déchu Abdelaziz Bouteflika, a été élu pour lui succéder à la tête de l’Algérie, a annoncé vendredi l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), au lendemain d’un scrutin massivement boudé par la population. Une marée humaine, dénonçant un « vote truqué » et rejetant l’élection, a aussitôt envahi le centre d’Alger, a constaté une journaliste de l’AFP. L’Algérie est secouée depuis février par une contestation anti-régime massive qui a obtenu la démission d’Abdelaziz Bouteflika en avril et cumule 43 vendredis consécutifs de mobilisation.

Une relation étroite et tumultueuse

« Je souhaite simplement que ces aspirations exprimées par le peuple algérien trouvent une réponse dans le dialogue qui doit s’ouvrir entre les autorités et la population », a souligné le président français. « Il appartient aux Algériens d’en trouver les voies et moyens dans le cadre d’un véritable dialogue démocratique et je leur dis, avec respect et amitié, que dans ce moment crucial de leur histoire, la France se tient à leurs côtés », a ajouté Emmanuel Macron.

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Face à une Algérie en pleine ébullition, la France, liée par une relation étroite et tumultueuse avec son ancienne colonie, est restée jusqu’ici très prudente, voire mutique, sur les turbulences algériennes. Si elle tient des propos qui semblent aller dans le sens du pouvoir, elle est rejetée par la rue et si elle fait le contraire, le pouvoir l’accuse d’ingérence et accuse la contestation d’être manipulée par l’étranger, relève un connaisseur de la région.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a régulièrement souhaité que « les Algériens trouvent ensemble les chemins d’une transition démocratique ». Début novembre, il avait plaidé pour le respect de la liberté de manifester. « Je n’ai pas, de là où je suis et en ma capacité, à commenter ou à donner des bons ou des mauvais points ou à faire des pronostics », a insisté le président français, tout en saluant des aspirations exprimées « avec beaucoup de responsabilité, de civisme et de dignité ».

Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée

Tribune d'Afrique

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