Tchad: le torchon brûle toujours entre ExxonMobil et son personnel local

Au Tchad, la tension est vive depuis juin entre ExxonMobil qui exploite depuis 2003 le bassin pétrolier de Doba et son personnel local, depuis que la major américaine a annoncé qu’elle comptait quitter le Tchad en vendant ses actifs à la jeune entreprise britannique Savannah Energy. Depuis, les deux parties ne parviennent pas à s’entendre sur leurs conditions de séparation.

Après une première grève qui avait débuté en juin de cette année et qui avait duré 26 jours, le personnel est de nouveau en grève depuis deux jours, à l’origine de ce mouvement, le renvoi de trois employés accusés de s’être opposés, à une visite sur le site d’exploitation de Doba du futur repreneur. « Inacceptable » pour le personnel, qui parle de « provocation ». Les près de 300 membres du personnel local de ExxonMobil se sont donc lancés dès lundi 4 octobre dans une grève de trois jours « renouvelables tant que nos collègues ne sont pas réintégrés », explique un de leurs porte-paroles, Samba Hamid.

La direction de la major pétrolière américaine a tout de suite réagi en ordonnant la fermeture de tous ses sites de production, selon la même source. Conséquence, le Tchad perd momentanément près du tiers de sa production pétrolière journalière.

Pas d’accord sur la « prime de séparation »

En réalité, selon un spécialiste de ce domaine, c’est la suite du bras-de-fer qui est engagé entre ExxonMobil et son personnel tchadien, depuis que la société a annoncé qu’il vendait ses actifs au Tchad. Après trois mois de difficiles négociations entre les deux parties, leurs positions sont quasi-irréconciliables.

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ExxonMobil propose le paiement de deux mois de salaire en guise de « prime de séparation » pour chaque employé, alors que le personnel réclame 2,5 mois par année d’activité avec un minimum de 18 mois. C’est dans les standards régionaux explique le personnel, en donnant l’exemple du Gabon.

Le personnel accuse la major américaine d’avoir quitté la table de négociation depuis plus de deux semaines. Deux responsables de ExxonMobil au Tchad que RFI a joint au téléphone n’ont pas voulu réagir.

Source: RFI Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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